Avec la publication de l’arrêté du 21 avril 2026, le « parcours coordonné renforcé » s’étend désormais à l’enfance protégée. Derrière cet intitulé technique se joue en réalité une évolution majeure : un changement de logique dans la manière de financer et d’organiser les soins.
Issu des expérimentations menées dans le cadre de l’article 51, notamment pour l’obésité complexe de l’adulte, ce modèle rompt avec la tarification à l’acte. Il repose sur un principe simple mais structurant : financer non plus une succession d’actes, mais un parcours de soins global, coordonné et adapté au profil du patient.
Concrètement, la prise en charge est financée par un forfait, dont le montant varie selon la situation clinique. Pour l’obésité complexe de l’adulte, ce forfait s’échelonne par exemple de 1 126 € à 1 769 €, selon quatre niveaux de complexité. Ce financement couvre l’ensemble du parcours, coordonné par un médecin spécialiste ou une structure, et mobilisant une équipe pluriprofessionnelle : suivi médical, accompagnement diététique et psychologique, activité physique adaptée, éducation thérapeutique… L’enjeu est de permettre une prise en charge dans la durée — jusqu’à deux ans et demi — avec un socle d’interventions obligatoires, ajusté en fonction des besoins du patient. Autrement dit, un modèle centré sur la pertinence et la continuité, plutôt que sur le volume d’actes. Il s’agit d’un changement radical d’approche
, souligne Clara de Bort, directrice générale de l’ARS Centre-Val de Loire. Les expérimentations ont montré qu’au plan médico-économique, ce modèle est performant : il améliore la qualité de la prise en charge tout en maîtrisant les coûts.
Ce modèle, souvent présenté comme une petite révolution tarifaire, repose toutefois sur une condition clé : un système d’information robuste, capable de suivre les parcours, de coordonner les acteurs et de garantir la traçabilité des prises en charge. C’est à ce prix que cette nouvelle logique pourra pleinement tenir ses promesses.
En Centre-Val de Loire, des déploiements concrets dès 2026. Dans ce contexte, l’ARS Centre-Val de Loire publiera, avant l’été, un appel à candidatures pour identifier les structures qui porteront les parcours coordonnés renforcés en obésité sur le territoire.
Parallèlement, des appels à candidatures seront également préparés pour le déploiement des parcours coordonnés renforcés « enfance protégée ». Objectif : structurer une offre régionale capable de déployer concrètement ce nouveau modèle, au plus près des patients, en s’appuyant sur des équipes pluridisciplinaires engagées dans la coordination des parcours.
Ces travaux feront l’objet de points d’étape réguliers dans la Lettre pro.




