Protection des captages

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Photo captage eau

En région Centre-Val de Loire, les eaux souterraines constituent la principale ressource en eau utilisée pour l’alimentation humaine.
Près de 90 % de la population de la région Centre-Val de Loire est alimentée par 1 061 captages d’eau souterraine et près de 10 % de la population à partir d’eaux de ressources superficielles (fleuves, rivières, barrages) potabilisées.

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En région Centre - Val de Loire, les eaux souterraines constituent la principale ressource en eau utilisée pour l’alimentation humaine. Près de 90 % de la population de la région est alimentée par 1 061 captages d’eau souterraine. Les eaux souterraines approvisionnent surtout des réseaux de petite et moyenne taille. Elles sont de meilleure qualité que les eaux de surface soumises notamment aux effets des rejets des stations d’épuration et des eaux de ruissellement, mais ont de plus faibles capacités en volume. Seulement 12 prises d’eaux de surface sont utilisées pour la production d’eau potable.

Les principaux aquifères sollicités sont les nappes alluviales, les aquifères des calcaires de Beauce, de la craie du sénonien, du turonien, du cénomanien et des calcaires de l’oxfordien. Certains aquifères sont très vulnérables. D’autres sont naturellement protégés mais, du fait d’une surexploitation ou d’une mauvaise conception des ouvrages, ces derniers peuvent voir la qualité de leurs eaux se dégrader. La potabilisation des eaux nécessite généralement le recours à des filières de traitement. Celles-ci dépendent des caractéristiques physico-chimiques de l’eau brute (déferrisation, démanganisation, neutralisation...), de la sensibilité de la ressource (désinfection) ou de l’état de dégradation de l’eau brute (élimination des nitrates et/ou des pesticides notamment).

Observations :
(1)On constatera qu’une partie du département du Cher a une population alimentée uniquement à partir d’eau superficielle. Dans les autres départements, les populations sont alimentées à la fois par un captage en eau superficielle et un (ou plusieurs) forage(s) en eau souterraine ; l'eau distribuée est donc de l'eau mélangée.
(2)Les eaux mélangées sont les mélanges d'eau superficielle avec de l'eau souterraine (et non les mélanges entre eaux souterraines de deux ou plusieurs forages). 

L’article L.1321-2 du Code de la santé publique impose aux collectivités responsables de la distribution d’eau destinée à la consommation humaine de mettre en place des périmètres de protection autour des captages (d’eaux souterraines et d’eaux superficielles). Ces périmètres constituent une protection de proximité permettant d'assurer la sécurité sanitaire de l'eau vis-à-vis des contaminations bactériologiques et chimiques et, en cas de pollution accidentelle, de disposer du temps nécessaire pour éviter l'exposition de la population à divers polluants. Trois périmètres sont définis :

  • un périmètre de protection immédiate dans lequel toute activité sans lien avec la production d’eau potable y est interdite,
  • un périmètre de protection rapprochée dans lequel les activités qui peuvent être à l’origine d’une pollution de l’eau sont soit interdites, soit réglementées,
  • un périmètre de protection éloignée (non obligatoire) qui nécessite une vigilance particulière sur la mise en œuvre de la réglementation générale.

Depuis juillet 2019, les captages d’eau d’origine souterraine, exempts de problèmes de qualité, dont le débit est inférieur à 100 m3/j peuvent faire l’objet d’un simple périmètre de protection immédiat.

Dans tous les cas, il appartient à la collectivité, maître d’ouvrage, d’engager la procédure d’élaboration des périmètres de protection qui conduit à un arrêté de déclaration d’utilité publique (DUP).

Il est nécessaire de distinguer le nombre de captages en service du nombre de captages protégeables. En effet l’environnement de certains captages ne permet pas d’assurer sa protection contre des pollutions ponctuelles (captage en milieu urbain, à proximité d’une zone industrielle…). La collectivité devra donc à terme abandonner son captage.

L’ARS travaille au quotidien avec les collectivités pour une meilleure sécurisation qualitative et quantitative de l’alimentation en eau des populations. Cette sécurisation peut conduire à la mise en service de nouveaux captages qui devront au préalable finaliser leur procédure de protection. C’est ainsi qu’en 2019, à l’échelle de la région, 44 projets de forage d’eau destinée à la consommation humaine étaient dénombrés. Les départements d’Eure-et-Loir, d’Indre-et-Loire et de Loir-et-Cher en comptaient chacun une dizaine.

En 2019, en région Centre-Val de Loire, 90 % des captages d’eau potable protégeables bénéficient d’un arrêté de DUP contre 84 % en 2013 et 68 % en 2009.

La procédure qui conduit à un arrêté de DUP est relativement longue (plusieurs années) et est en cours pour 8 % des captages. Il faut noter que toute mise en service d’un captage est désormais conditionnée à sa protection et que certains arrêtés de DUP sont en cours de révision pour tenir compte de nouvelles obligations réglementaires ou des modifications apportées dans l’environnement du captage.