Moustique tigre et lutte anti-vectorielle - Informations grand public

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En France métropolitaine, le moustique tigre (aedes albopictus) fait l’objet d’une surveillance renforcée de la part de l’ARS et de Santé publique France car il peut, dans certaines conditions, être vecteur des virus de la dengue, du chikungunya et du Zika. Retrouvez ici toutes les recommandations et informations utiles.

Si ces maladies ne sont pas encore endémiques en métropole, elles sévissent à plusieurs endroits du globe (épidémie aux Antilles, à la Réunion, en Amérique latine ou en Asie par exemple). Elles peuvent être importées en France par des voyageurs porteurs du virus.

Les dernières années ont montré la vulnérabilité de notre territoire au développement de foyers de cas autochtones de maladies telle que la dengue ou le chikungunya. Lorsque le moustique tigre pique une personne malade, il peut, sous certaines conditions, transmettre le virus en piquant d’autres personnes. Cela constitue un risque de départ d’épidémie.

Le moustique Aedes albopictus est un moustique originaire d’Asie et a connu une expansion importante par le biais des transports internationaux. De très petite taille (5 à 7 mm), il se distingue des autres moustiques par sa coloration contrastée noire et blanche, d’où son appellation commune de "moustique tigre". 

  • Il pique le jour : contrairement au moustique commun (Culex) qui passe la nuit à vous piquer et dont le vol bruyant vous empêche de fermer l’oeil, le moustique tigre est silencieux et diurne, c’est-à-dire qu’il pique plutôt le jour (principalement le matin et en soirée).
  • Rayé noir et blanc : plutôt que « tigré », le moustique tigre est « zébré » noir et blanc sur tout le corps et les pattes. Il est également caractérisé par la présence d’une ligne blanche le long de son thorax.
  • Il est petit et vif : du nom « tigre », il ne garde que la férocité. Question taille, il est plus petit qu’une pièce de 1 centime d’euro (soit moins de 0,5 centimètre) !
Aedes albopictus - 5 mm de long

Vous l'avez reconnu ? Signalez-le !

L’ensemble de la population peut participer à la surveillance de cette espèce afin de mieux connaître sa répartition. Il s'agit d'une action citoyenne permettant de compléter les actions mises en place.

Rendez-vous sur le site ci-dessous où un questionnaire vous permettra de vérifier rapidement s'il s'agit bien d'un moustique tigre.

Je signale le moustique tigre 

Les femelles moustique tigre privilégient de petites quantités d'eau pour pondre leurs œufs (l'équivalent d'un bouchon d'eau peut leur suffire!). Elles pondent jusqu'à 200 œufs tous les 15 jours qui se développent dans toutes sortes de récipients et réservoirs artificiels où l'eau peut stagner : vases, pots et coupelles, récupérateurs d'eau, fûts, bidons, bondes, rigoles, regards pluviaux, gouttières, terrasses sur plots, ou même dans des objets laissés dans le jardin (jeux d'enfants, pneus, matériel de travaux...).

80% des moustiques naissent sur le domaine privé… L’implication de chacun représente une grande part de la lutte contre les moustiques. En supprimant ou vidant tous les endroits et objets pouvant retenir l’eau de pluie, on empêche le moustique tigre de pondre et de proliférer.

Coupez l'eau au moustique tigre !

Le moustique Aedes albopictus se déplaçant peu, celui qui vous pique est "né chez vous". Chacun peut agir en évitant le développement des lieux potentiels de ponte :

  • éliminer les endroits où l’eau peut stagner, même les plus petits, à l’extérieur, une fois par semaine : coupelles des pots de fleurs, bâches, déchets verts, encombrants, jeux d'enfants… Le moustique adore les rétentions de pluie dans un amas de feuilles ou d’autres matières !
    Petite astuce : vous pouvez mettre du sable dans les soucoupes de pots de fleurs : l’eau sera présente pour la plante mais le moustique ne pourra pas y pondre.
  • vérifier le bon écoulement des eaux de pluie et notamment les regards d’eau de pluie, les gouttières, les toits-terrasses...
  • contrôlez les récupérateurs d’eau de pluie : ils constituent de très bons gîtes larvaires ! Même fermés par un couvercle, le moustique peut entrer et sortir par la gouttière : tendre une moustiquaire ou un tissu entre la sortie de la gouttière et la surface de l’eau, et vérifier et supprimer toutes les semaines les larves installées ou vider l’eau.
  • couvrir les réservoirs d’eau (bidons d’eau, citernes, bassins, piscines hors d’usage…) avec un voile ou un simple tissu pour éviter à l’eau de stagner et au moustique d’y accéder.

Téléchargez la liste des bons gestes à adopter :

Se protéger du moustique tigre, c’est éviter les piqûres quand on est chez soi mais c’est aussi les éviter lorsqu’on voyage : pour ne pas être malade d’une part, mais également pour ne pas importer les virus de la dengue, du chikungunya ou du Zika en métropole et risquer de contaminer d’autres personnes n’ayant pas voyagé à son retour. Voici des conseils de protection.

Portez des vêtements clairs, couvrants et amples

Ce sont des mesures très efficaces pour réduire l’exposition aux piqûres. Veillez à bien protéger les pieds et chevilles. L’imprégnation des vêtements par des insecticides renforce cette protection.

Utilisez des produits anti-moustiques

Ils contiennent un principe actif qui éloigne les insectes sans toutefois les tuer : à appliquer sur toutes les parties découvertes du corps (sauf muqueuses et lésions cutanées étendues) et à renouveler régulièrement.

Des précautions d’emploi sont à respecter notamment chez l’enfant et chez la femme enceinte. Pour les jeunes enfants, employez en priorité une moustiquaire de berceau (non imprégnée et des vêtements couvrants). Demandez conseil à un professionnel.

Protégez-vous à l’intérieur de votre habitat

Utilisez des répulsifs comme les diffuseurs électriques à l’intérieur de votre habitation,

Les moustiques n’aiment pas les endroits frais ou venteux, la climatisation ou encore l’utilisation d’un ventilateur est un bon moyen de protection individuelle,

Equipez les portes et fenêtres de moustiquaires,

Utilisez les tortillons fumigènes uniquement en extérieur.

En cas de retour de voyage à l’étranger,  durant 15 jours, restez vigilant à l’apparition de fièvre brutale, douleurs musculaires ou articulaires, maux de tête, larmoiements, éruption cutanée avec ou sans fièvre. Si vous ressentez ces symptômes, consultez rapidement un médecin en évoquant votre retour de voyage.

Si vous êtes enceinte, évitez de voyager dans des zones où le moustique est présent. Le virus Zika peut engendrer de graves anomalies du développement cérébral chez l’enfant.

Avant de préparer votre voyage, vous pouvez consultez la carte interactive des zones d'épidémie dans le monde

Lorsqu'un cas importé de chikungunya, ou de dengue ou de Zika est signalé à l’ARS dans une commune connue comme étant colonisée par le moustique tigre, et si une enquête environnementale de terrain confirme sa présence, des opérations de démoustication peuvent être organisées sur les lieux fréquentés par la personne malade pendant la période où elle est susceptible de pouvoir transmettre la maladie (virémie). 

Ces interventions ont pour objectif d’empêcher la mise en place d'une chaine de transmission locale : la personne malade peut être piquée par un moustique tigre (Aedes albopictus) à son retour en France, qui sera infecté à son tour et pourra ensuite transmettre le virus aux personnes qu’il piquera au cours de sa vie.

Les mesures sont prises lors de la survenue des cas de dengue, de chikungunya et de Zika.

L’ARS et son opérateur Inovalys Tours interviennent pour éviter toute propagation de ces virus, en menant des enquêtes et si besoin des traitements de démoustication autour des lieux fréquentés par un cas.

Vous avez reçu la visite d’un agent d’Inovalys Tours, spécialiste du moustique tigre, à votre domicile et/ou vous avez reçu un document d’information de lutte anti-vectorielle avertissant de la tenue d’un traitement de démoustication dans votre quartier ?  

Identifiez vos interlocuteurs

Les agents d’Inovalys interviennent en urgence sur demande de l’ARS Centre-Val de Loire sur les lieux fréquentés par une personne atteinte de ces maladies. Ces opérateurs disposent d’une carte professionnelle lors de leurs interventions sur le terrain. 

Une enquête ou une opération de démoustication a lieu dans votre quartier ? 

L’enquête entomologique 

Un technicien entomologiste est dépêché sur site afin d’identifier la présence du moustique tigre autour des lieux fréquentés par une personne malade. En raison du caractère urgent de cette opération, aucun avertissement préalable de la population par courrier ou téléphone n’est possible (seule la mairie est informée). 

Le technicien accède aux espaces publics ainsi qu’aux espaces extérieurs des propriétés privées, accompagné de la mairie, avec la coopération des habitants. Il fait le tour des terrains à la recherche de moustiques adultes et des collections d’eau qui pourraient contenir des larves de moustiques tigre. Il en profite pour indiquer les bons gestes à tenir face à cet insecte très nuisant. 

  • Si aucun moustique tigre n’est trouvé, l’intervention se termine.
  • Si des moustiques tigres adultes sont détectés, un traitement à base d’insecticide sera très probablement nécessaire afin de les éliminer et ainsi éviter qu’ils ne transmettent le virus dont il est question. Ce traitement insecticide a lieu quelques jours après l’enquête entomologique, après information de la mairie et des habitants concernés par la zone traitée.

L’opérateur aura besoin d’accéder à certaines propriétés privées pour traiter l’ensemble des gîtes de repos du moustique tigre. Votre collaboration est essentielle pour la réussite du traitement.

Le traitement

Si vous habitez dans la zone traitée, vous avez dû recevoir un document d’information dans votre boite aux lettres ou le voir affiché à l’entrée de votre résidence.

Le traitement a pour but d’éliminer les populations adultes de moustique tigre qui pourraient avoir été en contact avec le cas. 

Il s’agit d’une intervention préparée et maîtrisée qui se fait dans un espace très limité (périmètre de 150m). Aux doses et méthodes utilisées pour la démoustication autour de cas humains de dengue, chikungunya ou Zika, l’exposition de la population aux panaches ne présente pas de risque pour la santé. Il est toutefois possible que des personnes plus sensibles ressentent des gênes (picotements des yeux, du nez ou de la gorge). Ces effets sont bénins et réversibles. C’est pourquoi il est demandé de ne pas sortir durant les opérations de démoustication et d’éloigner vos animaux domestiques (et de ranger ou couvrir leurs gamelles). 

Pour limiter le plus possible les désagréments pour les riverains, et empêcher que le produit ait un impact sur la faune non cible (insectes pollinisateurs en particulier), les opérations de traitement sont réalisées en période nocturne. 

Les techniciens qui interviennent lors des traitements manipulent quotidiennement les insecticides dans leur travail, c’est pourquoi ils ont besoin d’équipements de protection individuelle pour éviter d’être incommodés (combinaison, masque à cartouches, gants). 

Le traitement est très ciblé pour limiter l’emploi de produits, et est réalisé à l’aide d’appareils portatifs dans les espaces extérieurs et les espaces publics. Il est à noter que les engins utilisés peuvent générer une nuisance sonore pendant une période courte (moins d’une heure).

Le traitement est gratuit pour les personnes.

Le traitement se fait dans un périmètre très réduit et pas sur l’ensemble d’une commune. En effet : 

  • le moustique tigre ne peut être éradiqué car ses larves sont résistantes à des conditions environnementales très défavorables.
  • les traitements ne sont déclenchés par les autorités sanitaires qu’en cas de risque de propagation épidémique (dengue, chikungunya ou Zika). Ils concernent des périmètres limités et respectent des distances de sécurité avec les sites à risques (cours d’eau, etc.). Seuls les secteurs où un risque est identifié sont traités (lieux fréquentés par une personne malade durant sa période de virémie et où le moustique tigre a été décelé). Ils visent à supprimer les moustiques adultes (les œufs et les stades immatures de l’insecte ne peuvent pas devenir contaminants[1]) : le risque n’existe en effet que là où peuvent être en contact une personne malade et le moustique vecteur, qui peut la piquer et ensuite transmettre la maladie en piquant une autre personne de son voisinage.

    Ces traitements ne sont pas une solution durable pour réduire la nuisance car ils n’ont aucun effet sur les œufs ni les larves de moustiques. Une nouvelle population de moustiques tigres (sains) apparaît donc dans les jours qui suivent l’opération. De plus, traiter régulièrement présenterait pour inconvénient la création de résistance aux traitements: les molécules risqueraient alors de ne plus être actives en cas d’épidémies.

Des contraintes s’appliquent au traitement : les paramètres météorologiques sont déterminants, et en particulier le vent qui représente un frein important pour toute application insecticide, dès lors qu’il s’agit d’une nébulisation (projection en fines gouttelettes) sur l’espace public. C’est aussi une des raisons pour lesquelles ces interventions se font la nuit, (en plus de limiter l’exposition du public et la faune non cible). Certains espaces ou activités sensibles peuvent demander des précautions et protections particulières en amont (écoles, aires de jeux, secteurs agricoles ou apicoles par exemple) et prennent un peu plus de temps. En présence de milieux aquatiques, une distance de sécurité est nécessaire. 


Des recommandations à suivre en cas de traitement : questions / réponses 

  • Pourquoi n’ai-je pas été prévenu par la commune de la tenue d’une enquête ?

Les opérateurs de lutte antivectorielle ont des délais contraints pour réaliser l’enquête, l’information aux habitants puis le traitement nocturne. Ces délais très courts, motivés par l’urgence sanitaire, ne permettent pas d’avertir en avance la population de l’enquête ou de prendre rendez-vous. Les agents qui réalisent l’enquête entomologique disposent d’une habilitation nominative de l‘ARS et d’un courrier d’accréditation par la mairie.

  • Dois-je payer pour cette opération ?

Ces opérations de santé publique coordonnées et financées par l’ARS, en aucun cas il ne vous sera demandé une quelconque participation financière.

  • Suis-je en droit de refuser l’accès à ma propriété ?

Les traitements ne sont programmés que sur les sites où existe un risque réel de circulation de maladie vectorielle, afin de protéger votre santé et celles de vos voisins. Vous pouvez refuser l’accès à votre propriété, toutefois si aucune solution opérationnelle ne permet de garantir le traitement complet de la zone, la mairie et les forces de l’ordre peuvent exceptionnellement être mobilisées pour contraindre l’accès afin de préserver la santé publique.

  • L’agent doit-il aussi entrer à l’intérieur de mon logement ?

Généralement non, sauf dans des contextes très urbanisés où le seul moyen d’’accéder aux jardins implique de traverser un bâtiment.

  • Pourquoi mon voisin n’a pas été sollicité ?

Le jardin de votre voisin est peut-être situé en-dehors des limites de la zone à traiter, ou bien son jardin peut être traité depuis les jardins d’à-côté ou depuis la voirie (s’il n’y a pas d’obstacle au brouillard insecticide), etc. Les opérateurs de lutte antivectorielle veillent à optimiser le traitement pour garantir son efficacité en limitant au maximum le dérangement pour les habitants.

  • La mairie et les services de police sont-ils informés ?

La mairie est avertie du traitement à la suite de l’enquête entomologique, et transmet l’information à son service de police. Ils peuvent également vous renseigner. 

  • Le traitement insecticide est-il spécifique aux moustiques ?

Le pyréthrinoïde utilisé (Aqua K-Othrine) est toxique pour tous les insectes, il n’existe malheureusement aucun insecticide qui cible uniquement les moustiques adultes. Toutefois la toxicité du produit dépend de l’anatomie de chaque insecte, le moustique tigre est particulièrement sensible à l’action de produit ce qui permet de l’utiliser à une concentration plus faible (1g/hectare) que pour d’autres insectes dans un cadre phytosanitaire.

Les gros insectes survivent mieux au traitement que les petits insectes. Le traitement a lieu la nuit afin d’éviter d’atteindre les insectes pollinisateurs tels que les abeilles.

  • Que se passe-t-il si un champ de culture biologique est situé dans la zone de traitement ?

La surface de culture biologique identifiée sera traitée avec un extrait de pyrèthre naturel, homologué pour les cultures biologiques.

  • Dois-je laver tous les légumes, fruits et objets de mon jardin après le traitement insecticide ?

Il convient de laver vos fruits et légumes récoltés avant de les consommer, traitement ou non. Bien que le potager ne soit pas traité directement, il est recommandé dans le cas d’une opération de démoustication d’attendre 3 jours avant de consommer ses fruits et légumes du potager. La matière active est photosensible, les UV de la lumière du jour vont donc la détruire rapidement sur les surfaces des objets, en revanche ce produit a une forte rémanence dans l’eau, il est conseillé de vider les contenants en eau qui n’auraient pas été couverts avant le traitement insecticide.

  • Ce produit est-il toxique pour les autres animaux ?

Cela concerne particulièrement les animaux aquatiques et les animaux à sang froid (grenouilles, insectes, etc.). Couvrez vos points d’eau et rentrez vos animaux la nuit du traitement. Les chats errants s’éloigneront de la zone de traitement du fait du bruit des machines et ne courent pas de risques importants.


[1] Pendant l’enquête entomologique, les gîtes larvaires sont quand même détruits et à défaut traités au BTI, cela participe à réduire la densité vectorielle du secteur

Dans le cadre des missions de lutte contre la propagation des maladies vectorielles à risque épidémique, l’ARS Centre-Val de Loire assure la surveillance de la progression de la colonisation du moustique tigre sur notre territoire (surveillance entomologique) et assure, en collaboration avec Santé publique France, la surveillance épidémiologique qui correspond au suivi des cas déclarés de dengue, chikungunya et Zika dans la région.

Bilan de la surveillance entomologique 2025 : le moustique tigre est désormais présent dans tous les départements de la région.  

En métropole, le moustique s’est développé de manière significative et continue depuis 2004, et est désormais présent dans 83 départements métropolitains.

Tous les départements de la région Centre-Val de Loire sont désormais concernés. La commune de Chartres, en Eure-et-Loir a été colonisée en août 2025.

Le Laboratoire Inovalys Tours réalise la surveillance des populations de moustiques sur le territoire pour le compte de l’ARS sur la région Centre-Val de Loire. Cette surveillance est mise en œuvre pendant la période d’activité du moustique, de mai à novembre.

Un réseau de plus de trois cents pièges pondoirs permettant de détecter la présence du moustique tigre est déployé sur le territoire régional, en particulier sur les communes situées à proximité de zones colonisées, les sites présentant un risque d’importation (aéroports, zones touristiques, plateformes logistiques, etc.) ou encore au niveau de sites sensibles comme les établissements de santé.

En complément de cette surveillance dite « active », les particuliers peuvent participer à une action citoyenne en signaler la présence du moustique tigre sur le site de l’Anses dédié au signalement. Il est destiné à recueillir en priorité les signalements en provenance de communes non colonisées, afin de suivre le front de progression du moustique tigre. Les signalements reçus donnent lieu à une enquête de terrain s’il est confirmé qu’il s’agit d’un moustique tigre et si la commune sur laquelle il a été fait n’est pas connue comme étant colonisée (les conditions météorologiques lors de la période de déclaration ne permettent pas toujours la réalisation d’une enquête, en particulier lors de l’arrivée de l’automne). 

Cette surveillance a mis en évidence une forte progression de la présence du moustique en région Centre-Val de Loire : au cours de la saison 2025, le nombre de communes colonisées a augmenté de 40% et atteint désormais 123. C’est désormais presque 45 % de la population régionale qui est concernée par un risque potentiel de transmission épidémique d’arbovirose. Ce pourcentage est même de 65 % en Indre-et-Loire et de 56 % dans le Loiret.


Bilan 2025 de la surveillance entomologique 

Surveillance passive d’Aedes albopictus par signalements citoyens

41 signalements traités

(516 signalements sans traitement car dans des communes déjà colonisées)

20 signalements positifs qui ont conduit à réaliser 6 enquêtes 

et à déclarer communes colonisées 

Surveillance active d’Aedes albopictus par piégeage

331 pièges 138 communes surveillées

1712 relevés réalisés

qui ont donné lieu à 4 enquêtes entomologiques

19,2 % de relevés positifs

80,8 % de relevés négatifs

(en regard des 98.2 % de relèves exploitables)

29 communes supplémentaires déclarées colonisées

Progression de la colonisation dans les communes de la région

35 nouvelles communes colonisées

25 communes avec détection ponctuelle (c’est-à-dire, signalement positif mais implantation du moustique non confirmée)

Un nouveau département colonisé : l’Eure-et-Loir

123 communes colonisées à la fin de la saison 2024 (sur 1 758) (Source, DGCL, Open collectivités)

44,5 % de la population régionale réside dans une commune colonisée par le moustique tigre, et est concernée par un risque potentiel d’arbovirose

Source : Inovalys Tours, 2025

 
DépartementSurveillance passive : nombre de signaux reçus sur des communes non coloniséesNombre de communes classées suite à signalement passifSurveillance active : nombre de signaux positifs ayant entraîné la réalisation d'une enquête de terrainNombre de communes nouvellement colonisées suite à des pièges pondoirs positifsNombre de communes nouvellement colonisées en 2025 
Cher112246 
Eure-et-Loir91112 
Indre40344 
Indre-et-Loire7131213 
Loir-et-Cher51123 
Loiret52168 

Source : Inovalys Tours, 2025

 

Cette carte présente l’historique de colonisation du moustique tigre (Aedes albopictus) en région Centre-Val de Loire, selon l’année de détection des communes colonisées entre 2017 et 2025.

 

La progression du moustique tigre apparaît concentrée autour des principales agglomérations et axes de circulation de la région. Les foyers les plus anciens se situent principalement :

  • Dans l’agglomération de Châteauroux (première commune colonisée en 2017),
  • dans le secteur de Bourges dans le Cher ; 
  • dans l’agglomération tourangelle en Indre-et-Loire ;
  • et autour d’Orléans dans le Loiret ;

Entre 2020 et 2022 puis en 2023 et 2024, la colonisation s’étend progressivement à de nouvelles communes voisines, notamment :

  • dans le Loir-et-Cher ;
  • autour de Vierzon et Bourges ;
  • dans le sud de l’Indre autour de Châteauroux ;
  • dans l’agglomération tourangelle ;
  • ponctuellement dans l’est du Loiret.

L’Eure-et-Loir est le dernier département à avoir été colonisé, avec des premières communes classées en 2025.

Globalement, la carte illustre une extension progressive du moustique tigre en région Centre-Val de Loire depuis 2017, avec une diffusion par foyers successifs autour des principaux pôles urbains et corridors de déplacement.

        Source : ARS Centre-Val de Loire - IGN / AdminExpress ©

 

  • Liste des communes colonisées en Centre-Val de Loire au 1er janvier 2026

Bilan 2025 de la surveillance épidémiologique

L’année 2025 confirme la tendance observée en 2024, avec une persistance élevée des cas d’arboviroses importés en région Centre-Val de Loire, en lien avec le contexte épidémiologique international. En effet, après les épidémies de dengue en 2023-2024 dans les Antilles françaises et en Guyane,la Guadeloupe connait une nouvelle épidémie de dengue en 2024-2025 et La Réunion et Mayotte ont été touchées par une épidémie majeure de chikungunya.

En France hexagonale, entre mai et novembre 2025, un nombre important de cas importés a été signalé (2 383 cas : 1 117 cas de chikungunya, 1 194 cas de dengue et 12 cas de zika) et le territoire a connu une augmentation sans précédent du nombre de foyers de cas autochtones : 

  • 809 cas autochtones de chikungunya, dont 790 cas répartis dans 79 épisodes de transmission (1 à 144 cas par épisode) et 19 cas isolés dont le lieu de contamination n’a pu être déterminé.
  • 30 cas autochtones de dengue, dont 29 répartis en 11 épisodes de transmission (1 à 10 cas par épisode) et 1 cas isolé dont le lieu de contamination n’a pu être identifié. 

Il est à noter que la souche de chikungunya circulante en 2025 à La Réunion présentait une délétion spécifique qui favorise significativement son adaptation au vecteur Aedes albopictus. Ce phénomène, allié à l’expansion de la colonisation du moustique tigre sur le territoire, a donc fortement contribué à la transmission de ce virus sur le territoire hexagonal en 2025.

En Centre-Val de Loire, entre mai et novembre 2025, la cellule régionale de Santé publique France a recensé 54 cas importés d’arboviroses dont :

  • 33 cas de dengue (13 cas en provenance de Guadeloupe)
  • 21 cas de chikungunya (16 cas en provenance de la Réunion et 3 cas en provenance de Mayotte)

Un cas suspect autochtone de chikungunya a également été identifié à Orléans, dans le Loiret en septembre 2025.

Évolution annuelle du nombre de cas d’arboviroses importés et autochtone déclarées en période de surveillance renforcée (mai à novembre) par département de résidence (ou virémie), Centre-Val de Loire, 2020-2025 (Source : Santé publique France) 

L’illustration présente l’évolution du nombre de cas importés de maladies transmises par le moustique tigre en région Centre-Val de Loire entre 2020 et 2025. Pour chaque année, une carte régionale indique la répartition départementale des cas importés recensés.

Le nombre de cas importés augmente globalement sur la période :

  • 17 cas importés en 2020 ;
  • 1 cas en 2021 ;
  • 12 cas en 2022 ;
  • 66 cas en 2023 ;
  • 84 cas en 2024 ;
  • 54 cas en 2025

À partir de 2023, les cas deviennent nettement plus nombreux et concernent plusieurs départements. En 2024, les volumes les plus élevés sont observés dans l’ouest et le nord de la région, notamment en Indre-et-Loire et en Eure-et-Loir.

L’illustration rappelle également la situation nationale pour chaque année, avec :

  • le nombre total de cas importés recensés en France hexagonale ;
  • le nombre de cas autochtones et de foyers de transmission locale.

Au niveau national, les années 2023 à 2025 se distinguent par une forte augmentation des cas importés et des cas autochtones. En 2024, la France hexagonale enregistre plus de 2 152 cas importés et 84 cas autochtones répartis dans 12 foyers de transmission.

Globalement, l’illustration met en évidence une progression marquée des cas importés en région Centre-Val de Loire depuis 2023, dans un contexte national d’augmentation de la circulation des maladies vectorielles liées au moustique tigre.

Évolution hebdomadaire du nombre de cas d’arboviroses importés déclarés en période de surveillance renforcée (mai à novembre), Centre-Val de Loire, 2025 (Source : Santé publique France)

Le graphique en barres présente l’évolution hebdomadaire du nombre de cas déclarés entre les semaines 18 et 48 de l’année.

L’activité débute dès le mois de mai avec un niveau élevé de déclarations, atteignant un premier pic autour des semaines 20 et 21, avec environ 8 cas déclarés au maximum. 

Puis, une baisse marquée en juin, petite reprise observée sur juillet, avec un second pic plus modéré entre les semaines 30 à 34, autour de 2-3 cas hebdomadaires.

L’activité reste ensuite faible en septembre, octobre et novembre. 

Globalement, le graphique met en évidence une activité concentrée principalement au printemps et été, avec des fluctuations importantes du nombre de cas déclarés selon les périodes de l’année.

 


Bilan 2025 des opérations de lutte anti-vectorielle

Les investigations menées autour des cas humains importés ont conduit à réaliser des interventions sur le territoire régional en matière de prospection entomologique (pour vérifier la présence du moustique autour des lieux fréquentés par les personnes atteintes par une maladie de type dengue ou chikungunya) et d’interventions biocides pour éliminer les moustiques adultes. 

Ils ont été au nombre de cinq et ont concernés les départements du Cher (Bourges), l’Indre-et-Loire (Chambray-les-Tours et Fondettes) et le Loiret (Orléans).

 Opérations de lutte anti-vectorielle en Centre-Val de Loire
45 cas d’arboviroses

22 enquêtes entomologiques

et 5 traitements de lutte anti-vectorielle réalisés

Source : Inovalys Tours, 2025

DépartementNombre de DO d'arbovirose

Nombre d'enquêtes 

entomologiques urgentes

Dont positivesNombre de traitements LAV 
Cher752 
Eure-et-Loir000 
Indre310 
Indre-et-Loire1052 
Loir-et-Cher620 
Loiret1291 

Source : Inovalys Tours, 2025