Quelles réponses apporter aux questions des administrés ? Quelles actions porter au sein des espaces publics pour limiter la présence du moustique et ainsi limiter le risque de transmission de maladies ? Voici des ressources et outils pour vous permettre d’agir sur votre territoire et sensibiliser le public à la lutte contre les gîtes larvaires.
Avec des épidémies de dengue, de chikungunya ou de Zika dans les territoires ultramarins et un nombre croissant de cas dans l’Hexagone depuis quelques années, éviter la prolifération du moustique tigre - vecteur d’agents pathogènes - s’impose désormais comme un enjeu majeur de santé publique pour l’ensemble des territoires français. L’année 2025 a été marquée par un nombre de cas autochtones de chikungunya sans commune mesure avec les années précédentes : ce sont plus de 800 personnes qui ont contracté la maladie en France en 2025, sans avoir voyagé dans des zones à risque. Cela constitue un véritable enjeu de santé publique.
L’accélération de l’implantation du moustique tigre dans toutes les régions accroît d’autant plus le risque d’émergence d’arboviroses. Tous les départements du Centre-Val de Loire sont désormais concernés avec son implantation dans plusieurs communes de l’Eure-et-Loir en août 2025. Le nombre de communes colonisées ne cesse d’augmenter : ce sont 40% de communes supplémentaires qui ont été classées comme colonisées entre 2024 et 2025 en Centre-Val de Loire.
La lutte antivectorielle (LAV) repose sur une mobilisation à la fois individuelle et collective. Elle implique les collectivités (élus, services techniques, services des espaces verts, urbanistes, etc.), mais également les citoyens, les gestionnaires de patrimoine bâtis ou végétalisés afin de limiter de façon coordonner la prolifération des moustiques dans les espaces publics et privés.
Le moustique tigre, moustique du genre Aedes, a la capacité de transmettre des maladies infectieuses (dengue, chikungunya et zika), par le biais de piqûres.
Les piqûres ne lui servent pas à s’alimenter : il ne se nourrit pas de sang mais principalement de nectar de fleur. Seules les femelles adultes, suite à l’accouplement, prélèvent du sang en piquant pour permettre développement de leurs œufs.
Les piqûres du moustique tigre ne transmettent pas systématiquement une maladie vectorielle aux personnes touchées. Si le moustique tigre présent sur le territoire pique une personne contaminée par un arbovirus lors d’un voyage en zone à risque de maladie (dengue, chikungunya ou zika), il peut alors lui-même contracter la maladie et, après une période d’incubation de deux à trois jours, transmettre le virus à d’autres individus par le biais de piqûres et ce, pendant environ 30 jours. Un cycle de transmission dite autochtone peut alors se mettre en place. C’est autour des cas humains d’arbovirose (et en présence du vecteur) que des traitements de démoustication préventifs destinés à éliminer les moustiques adultes présents sont déclenchés. Cette opération, exceptionnelle et très encadrée, n’est pas un moyen de lutte contre l’implantation du moustique.
Cycle de transmission de la dengue, du chikungunya et du Zika
Virémie chez l'homme (environ 1 semaine) : période pendant laquelle le moustique peut s'infecter lors d'une piqûre
Incubation chez le moustique (environ 1 semaine) : délai pour que le moustique infecté soit capable de transmettre la maladie
Incubation chez l'homme (environ 1 semaine) : délai avant l'apparition des symptômes suite à la piqûre d'un moustique infecté
À ce jour, aucune transmission de ce type n’a été identifiée dans la région. Par ailleurs, les nuisances engendrées par la présence du moustique tigre peuvent avoir un impact sur la santé mentale des habitants.
Les collectivités peuvent mettre en place un programme de contrôle et de lutte de la prolifération des moustiques dans les lieux du domaine public dont elles ont la gestion et veiller à ce que les mesures de prévention soient appliquées localement.
La lutte repose sur le repérage et la suppression des endroits propices à l’installation de gîtes larvaires. Les femelles moustique tigre privilégient de petites quantités d'eau pour pondre leurs œufs (l'équivalent d'un bouchon d'eau peut leur suffire!). Elles pondent jusqu'à 200 œufs tous les 15 jours qui se développent dans toutes sortes de récipients et réservoirs artificiels où l'eau peut stagner : vases, pots et coupelles, récupérateurs d'eau, fûts, bidons, bondes, rigoles, regards pluviaux, gouttières, terrasses sur plots, ou même dans des objets laissés dans le jardin (jeux d'enfants, pneus, matériel de travaux...).
En supprimant ou vidant tous les endroits et objets pouvant retenir l’eau de pluie, on empêche le moustique tigre de pondre et de proliférer.
Cycle de vie du moustique tigre
Gîte larvaire (phase aquatique de 5 à 7 jours)
Émergence
Accouplement
Piqûre
Ponte (larve) : c'est ici qu'il faut agir !
Frise chronologique
de janvier à décembre : œufs
d'avril à octobre : larves
de mai à fin novembre : moustiques adultes
Source : CPIE Brenne-Berry
Les recommandations pour les collectivités pour lutter contre le moustique tigre
Dès le début du printemps : rechercher le plus exhaustivement possible, et ce dès les premières périodes pluvieuses, les endroits où l’eau pourrait stagner dans les espaces publics extérieurs et procéder à leur élimination.
De mai à novembre (période d’activité du moustique) : il convient de faire régulièrement le tour des extérieurs pour supprimer / vidanger toutes les petites accumulations d’eau.
Concrètement, il s’agit pour les services de la collectivité d’appliquer les mesures suivantes sur les bâtiments et espaces publics :
Entretenir les parcs et jardins, notamment les herbes hautes où les moustiques se plaisent et de ramasser les éventuels déchets (gobelets, contenants plastiques, etc.).
Nettoyer les gouttières pour empêcher la stagnation d’eau.
Procéder à l’entretien des regards, coffrets techniques, avaloirs d’eaux pluviales, toits-terrasses et récupérateurs d’eau de pluie, lieux propices à l’installation de gîtes larvaires.
Un guide technique adressé aux collectivités pour lutter contre le moustique tigre
Un guide technique a été réalisé par l'association Fredon France dans le but d’aider les agents techniques à mettre en place un plan de lutte adapté à votre territoire. Vous y trouverez de précieux conseils pour limiter la présence du moustique tigre au sein de vos espaces.
Des actions et outils d’information / sensibilisation à destination du public
Des actions et outils d’information et de sensibilisation du public peuvent être déployés sous différentes formes : communication numérique et municipale, affichage public, réunions, événements de quartier, porte-à-porte et mobilisation d’ambassadeurs volontaires.
Ces opérations sont également l’occasion de promouvoir la vigilance citoyenne, via le site
L’ARS, avec l’appui de ses partenaires, organise des webinaires à l’attention des collectivités locales pour renforcer les connaissances vis-à-vis de la gestion du moustique tigre
Jeudi 9 avril 2026 à 9h30, l’ARS Centre-Val de Loire et la FREDON ont organisé un webinaire à destination des élus et agents de collectivités pour partager des retours d’expérience concrets sur l’élaboration et la mise en œuvre de plans communaux de gestion du moustique tigre. Quatre communes pilotes se sont engagées en 2025. Deux d'entre elles ont présenté leurs actions, difficultés et conseils.
Programme du webinaire :
Introduction : contexte et enjeux sanitaires liés au moustique tigre
Présentation du projet d'appui ARS - FREDON
Objectifs, déroulé de la 1ère année ;
Retour d'expériences de communes engagées dans le projet :
Olivet (45) : actions menées / focus sur la mise en place de pièges à moustiques adultes ;
St-Avertin (37) : actions menées / focus sur l'accompagnement à la gestion de gîtes larvaires dans le jardin de la crèche municipale.
Conclusions / perspectives
Le rôle des collectivités dans la lutte contre le moustique tigre ;
La poursuite de l'opération pilote en 2026 et la mise à disposition prochaine d'un outil pour faciliter la mise en place d'un plan de gestion à l'échelle communale.
Face à la progression du moustique tigre en Indre-et-Loire, les collectivités occupent une place centrale dans la prévention et la gestion du risque sanitaire. Mercredi 20 mai 2026, la délégation d’Indre-et-Loire de l’ARS Centre-Val de Loirea organisé, avec Inovalys et Rentokil, un webinaire d’1h30 à destination des élus et des agents des collectivités portant sur l’organisation de la lutte antivectorielle.
Cette lutte s’inscrit dans le cadre de la prévention des maladies vectorielles à risque épidémique que sont la dengue, le chikungunya et le Zika.
La mobilisation des communes, des services techniques, des élus et des habitants est essentielle à la réussite des enquêtes entomologiques et des opérations de lutte antivectorielle menées, à la demande de l’ARS, par Inovalys et Rentokil.
L’objectif principal de ce webinaire est d’anticiper et de préparer les collectivités à la gestion opérationnelle des enquêtes entomologiques et des opérations de démoustication qui peuvent s’avérer nécessaire sur leur territoire lorsqu'un cas de chikungunya, de dengue ou de Zika est signalé à l’ARS.
Programme du webinaire :
Introduction : Moustiques tigres vecteurs de Maladies
Contexte sanitaire et territorial : comprendre les enjeux liés au moustique tigre
Déroulement d’une enquête entomologique : de la suspicion à la confirmation
Coordination avec les acteurs locaux : un levier essentiel de réussite
Organisation d’une opération de démoustication : prévenir et intervenir efficacement
Avec des épidémies de dengue, de chikungunya ou de Zika dans les territoires ultramarins et un nombre croissant de cas dans l’Hexagone depuis quelques années, éviter la prolifération du moustique tigre - vecteur d’agents pathogènes - s’impose désormais comme un enjeu majeur de santé publique pour l’ensemble des territoires français.
En 2025, 81 départements étaient concernés par la présence du moustique tigre en France hexagonale dont 5 sur 6 au sein de notre région. Le nombre de communes où ce moustique est présent ne cesse d’augmenter, et ce, de manière accélérée.
Le 4 avril 2025, l’ARS Centre-Val de Loire a organisé un webinaire à destination des collectivités de la région, sur le thème " L'importance de la mobilisation de tous pour réduire les nuisances et les risques pour la santé en Centre-Val de Loire ".
Cet événement a permis de présenter l’écologie du moustique ainsi que les risques liés à sa présence, et d’évoquer des actions concrètes mises en œuvre par des acteurs territoriaux pour prévenir son implantation et le développement de maladies.
Retrouvez les présentations du webinaire du 4 avril 2025
Vous trouverez ci-dessous des supports de communication à imprimer et diffuser librement (pour vos opérations d’affichage, de boîtage et de publication web).
flyer / affiche sur les bons gestes campagne de sensibilisation :
Le CPIE Brenne-Berry a réalisé des documents à destination des collectivités locales et du grand public sur la mobilisation sociale de lutte contre le moustique tigre, pour accompagner des animations programmées sur les territoires du Cher et de l'Indre.