Protection de la ressource en eau

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Photo captage eau

En région Centre-Val de Loire, les eaux souterraines constituent la principale ressource en eau utilisée pour l’alimentation humaine.
Près de 90 % de la population de la région Centre-Val de Loire est alimentée par 1 031 captages d’eau souterraine et près de 10 % de la population à partir d’eaux de ressources superficielles (fleuves, rivières, barrages) potabilisées.

En région Centre-Val de Loire, les eaux souterraines constituent la principale ressource en eau utilisée pour l’alimentation humaine. 

Près de 90 % de la population de la région est alimentée par 1 031 captages d’eau souterraine. Les eaux souterraines approvisionnent surtout des réseaux de petite et moyenne taille. Elles bénéficient de l’épuration naturelle des sols et sont de meilleure qualité que les eaux de surface soumises notamment aux effets des rejets des stations d’épuration et des eaux de ruissellement. Mais elles ont de plus faibles capacités en volume. Seulement 12 prises d’eaux de surface sont utilisées pour la production d’eau potable.

Les principaux aquifères sollicités sont les nappes alluviales, les aquifères des calcaires de Beauce, de la craie du sénonien, du turonien, du cénomanien et des calcaires de l’oxfordien. Certains aquifères sont très vulnérables aux pollutions diffuses ou accidentelles. D’autres sont naturellement protégés mais, du fait d’une surexploitation, d’une mauvaise conception des ouvrages ou d’activités à proximité sources de contamination diffuse ou de pollutions ponctuelles, ces aquifères peuvent voir la qualité de leurs eaux se dégrader. La potabilisation des eaux nécessite généralement le recours à des filières de traitement. Celles-ci dépendent des caractéristiques physico-chimiques de l’eau brute (traitement de déferrisation, démanganisation, neutralisation...), de la qualité microbiologique de la ressource (traitement de désinfection) ou de l’état de dégradation de l’eau brute (élimination des nitrates et/ou des pesticides notamment).

Voir description détaillée ci-après

Le tableau présente l’origine de l’eau potable en région Centre-Val de Loire en décembre 2024, en distinguant les types de captages (eaux souterraines et eaux superficielles) et la population alimentée correspondante, par département.

À l’échelle régionale, 1 043 captages sont recensés, dont une très grande majorité d’eaux souterraines (1 031 contre 12 en eaux superficielles). L’eau souterraine constitue la principale ressource d’alimentation en eau potable, desservant environ 2,29 millions d’habitants sur un total régional de 2,57 millions. Les eaux superficielles alimentent une part beaucoup plus faible de la population (environ 48 600 habitants), tandis que les eaux mélangées concernent environ 232 000 habitants.

Des disparités existent entre départements :

  • L’Indre-et-Loire et le Loiret comptent parmi les plus fortes populations alimentées.
  • Certains départements, comme l’Eure-et-Loir, l’Indre, le Loir-et-Cher et le Loiret, n’utilisent pas ou très peu d’eaux superficielles pour l’alimentation directe.
  • Le recours aux eaux mélangées est particulièrement notable en Loir-et-Cher et en Eure-et-Loir.

Dans l’ensemble, la région se caractérise par une forte dépendance aux ressources en eaux souterraines pour l’alimentation en eau potable.

 

Observations :

(1)On constatera qu’une partie de la population du département du Cher et de l’Indre est alimentée uniquement à partir d’eau superficielle. Dans les autres départements, les populations sont alimentées à la fois par un captage en eau superficielle et un (ou plusieurs) forage(s) en eau souterraine ; l'eau distribuée est donc de l'eau mélangée.

(2)Les eaux mélangées sont les mélanges d'eau superficielle avec de l'eau souterraine (et non les mélanges d’eaux souterraines de plusieurs forages).

Sur la période 2006-2025, 330 captages ont été abandonnés en région Centre-Val de Loire, dont 56% en raison d’un problème de qualité d’eau (essentiellement lié à la présence de nitrates et/ou pesticides et métabolites). Les principales autres causes d’abandon couvrent des motifs tels que la rationalisation des réseaux, une vulnérabilité trop importante (captage improtégeable) ou la vétusté des installations.

Voir description détaillée ci-après

Le diagramme circulaire présente la répartition des motifs d’abandon de captages d’eau potable en région Centre-Val de Loire entre 2006 et 2025.

La principale cause d’abandon est la présence de nitrates et/ou de pesticides, qui représente près de la moitié des cas (49 %). Les autres causes regroupées constituent également une part importante (42 %). Les abandons liés à d’autres paramètres de qualité (hors nitrates et pesticides) restent minoritaires (7 %). Enfin, une faible part des abandons correspond à des causes inconnues (2 %).

Globalement, les problématiques de qualité de l’eau, en particulier liées aux pollutions par nitrates et pesticides, apparaissent comme le facteur dominant dans l’abandon des captages sur la période considérée.

 

Sur cette même période, 133 captages ont été créés, soit une diminution nette de 197 captages sur la région. Pour autant, il est observé une hausse de près de 3800 m3/j des volumes prélevés autorisés sur la région.

La situation diffère selon les départements :

  • le département d’Indre-et-Loire fait état d’une stagnation du nombre de captages mais d’une hausse des volumes autorisés associés,

  • dans les départements du Cher et du Loiret le nombre de captages créés n’a pas permis de compenser l’impact de la fermeture des captages, se traduisant par une diminution des volumes de prélèvement autorisés,

  • les départements d'Eure-et-Loir, de l’Indre et de Loir-et-Cher, malgré une diminution du nombre de captages, font état d’une augmentation des volumes de prélèvement autorisés.

Les départements d’Eure-et-Loir et du Loiret concentrent la grande majorité (66%) des captages d’eau potable abandonnés entre 2006 et 2025. Sur ces deux départements, le principal motif d’abandon est lié à une dégradation de la qualité de l’eau brute, alors que ce motif est plus minoritaire sur les autres départements de la région.

La carte présente, par département, le nombre et les motifs d’abandon des captages d’eau potable en région Centre-Val de Loire sur la période 2006-2025. Chaque département est associé à un diagramme circulaire indiquant la répartition des causes d’abandon : nitrates et/ou pesticides, autres paramètres de qualité, autres causes et causes inconnues.

Au total, les abandons sont inégalement répartis sur le territoire :

  • L’Eure-et-Loir et le Loiret concentrent les plus grands nombres de captages abandonnés (respectivement 151 et 68).
  • Le Loir-et-Cher (42), le Cher (28), l’Indre (21) et l’Indre-et-Loire (20) présentent des volumes plus modérés.

Dans la majorité des départements, les abandons sont principalement liés à la présence de nitrates et/ou de pesticides, notamment en Eure-et-Loir et dans le Loiret où cette cause est majoritaire.
Les « autres causes » représentent également une part importante dans plusieurs territoires, en particulier dans le Cher, l’Indre et le Loir-et-Cher.
Les abandons liés à d’autres paramètres de qualité et les causes inconnues restent minoritaires dans l’ensemble de la région.

Globalement, la carte met en évidence une prédominance des abandons liés aux pollutions diffuses (nitrates et pesticides), avec des variations territoriales dans l’importance des autres facteurs.

 

 

L’article L.1321-2 du Code de la santé publique impose aux personnes responsables de la production et distribution d’eau destinée à la consommation humaine de mettre en place des périmètres de protection autour des captages (d’eaux souterraines et d’eaux superficielles). Ces périmètres constituent une protection de proximité permettant d'assurer la sécurité sanitaire de l'eau vis-à-vis des contaminations bactériologiques et chimiques et, en cas de pollution accidentelle, de disposer du temps nécessaire pour éviter l'exposition de la population à divers polluants. Trois périmètres sont définis :

  • un périmètre de protection immédiate dans lequel toute activité sans lien avec la production d’eau potable y est interdite,

  • un périmètre de protection rapprochée dans lequel les activités qui peuvent être à l’origine d’une pollution de l’eau sont soit interdites, soit réglementées,

  • un périmètre de protection éloignée (non obligatoire) qui nécessite une vigilance particulière sur la mise en œuvre de la réglementation générale et où des activités peuvent être réglementées.

Le schéma représente le fonctionnement d’un captage d’eau potable et les différents périmètres de protection associés, dans un environnement rural.

Au centre, un point de captage prélève l’eau dans une nappe souterraine. Autour de ce captage, plusieurs zones de protection sont définies pour préserver la qualité de la ressource :

  • Le périmètre de protection immédiate, situé au plus près du captage, correspond à une zone strictement sécurisée.
  • Le périmètre de protection rapprochée entoure cette première zone et vise à limiter les activités susceptibles de polluer rapidement la ressource.
  • Le périmètre de protection éloignée couvre un territoire plus large, où les usages sont encadrés pour prévenir les pollutions à plus long terme.

L’ensemble s’inscrit dans un bassin d’alimentation de captage (BAC), qui correspond à la zone géographique où les eaux de surface et les infiltrations alimentent la nappe captée. Le schéma montre également les circulations de l’eau (infiltration des pluies, écoulements souterrains) reliant les activités en surface (agriculture, habitations) à la ressource en eau.

L’illustration met en évidence l’organisation spatiale des dispositifs de protection autour d’un captage et le lien entre les usages du territoire et la qualité de l’eau prélevée.

Depuis juillet 2019, les captages d’eau d’origine souterraine, exempts de problèmes de qualité, dont le débit est inférieur à 100 m3/j peuvent faire l’objet d’un simple périmètre de protection immédiate.

Dans tous les cas, il appartient à la personne responsable de la production et distribution d’eau, maître d’ouvrage, d’engager la procédure d’élaboration des périmètres de protection qui conduit à un arrêté de déclaration d’utilité publique (DUP).

En 2024, en région Centre-Val de Loire, 94 % des captages d’eau potable protégeables bénéficient d’un arrêté de DUP contre 89 % en 2016 et 75 % en 2011.

La carte présente l’état d’avancement des périmètres de protection des captages d’eau potable en région Centre-Val de Loire en 2024. Elle combine deux informations : le taux de protection des captages par département et le nombre de procédures de protection non finalisées.

Les départements sont classés selon leur taux de protection :

  • Un taux supérieur à 95 % est observé dans l’Indre, l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher.
  • Un taux compris entre 90 % et 95 % concerne le Loiret.
  • Un taux plus faible, entre 80 % et 90 %, est relevé dans l’Eure-et-Loir et le Cher.

Le nombre de procédures non finalisées varie selon les territoires :

  • Il est le plus élevé en Eure-et-Loir (20), puis dans le Loiret (18) et le Cher (16).
  • Il est plus limité dans l’Indre-et-Loire (5), le Loir-et-Cher (4) et l’Indre (3).

Dans l’ensemble, la carte met en évidence un niveau globalement élevé de protection des captages dans la région, avec toutefois des marges de progression dans certains départements où plusieurs procédures restent à finaliser.

Voir description détaillée ci-après

Le tableau présente l’état d’avancement des procédures de mise en place des périmètres de protection des captages d’eau potable en région Centre-Val de Loire en 2024, par département.

À l’échelle régionale, 1 043 captages sont en service, dont 1 001 sont considérés comme protégeables. Parmi ces derniers, 942 disposent de procédures de protection finalisées, 47 sont encore en cours, et 35 captages sont destinés à être abandonnés.

Des différences apparaissent selon les départements :

  • L’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher présentent un niveau d’avancement élevé, avec la quasi-totalité des procédures finalisées et très peu de procédures en cours.
  • L’Indre affiche également un bon niveau d’avancement, sans captage destiné à l’abandon.
  • L’Eure-et-Loir, le Loiret et le Cher concentrent davantage de procédures en cours et un nombre plus important de captages destinés à l’abandon.

Dans l’ensemble, la majorité des captages protégeables bénéficie de périmètres de protection finalisés, traduisant un état d’avancement globalement avancé à l’échelle régionale, malgré des situations plus contrastées selon les départements.

L’environnement de certains captages actuellement en service ne permet pas d’assurer leur protection contre des pollutions ponctuelles (captage en milieu urbain, à proximité d’une zone industrielle…). Ces captages, classés non protégeables sur avis d’un hydrogéologue agréé, devront à terme être abandonnés.

L’ARS travaille au quotidien avec les collectivités pour une meilleure sécurisation qualitative et quantitative de l’alimentation en eau des populations. Cette sécurisation peut conduire à la mise en service de nouveaux captages qui devront au préalable finaliser leur procédure de protection. C’est ainsi qu’en 2024, à l’échelle de la région, 43 projets de forage d’eau destinée à la consommation humaine étaient dénombrés.

La procédure qui conduit à un arrêté de déclaration d’utilité publique est relativement longue (plusieurs années) et est en cours pour 47 captages. Il faut noter que toute mise en service d’un captage est conditionnée à sa protection et que certains arrêtés de DUP sont en cours de révision pour tenir compte de nouvelles obligations réglementaires ou des modifications apportées dans l’environnement du captage.

L’ARS conduit également des missions d’inspection-contrôle des installations d’eau potable, pouvant inclure les périmètres de protection de captages. D’autres dispositions du Code de l’environnement viennent renforcer la protection de la ressource en eau, en particulier vis-à-vis du risque de pollutions diffuses.

Vous êtes un professionnel ou un organisme et vous réalisez des travaux ou études pour lesquels la connaissance de la localisation des périmètres de protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine et leurs servitudes sont nécessaires ?

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Ce portail regroupe les périmètres de protection de captage (couches SIG), les arrêtés préfectoraux de déclaration d'utilité publique (DUP) ainsi que, pour les procédures en cours d’instruction, les périmètres en projet.
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