Monoxyde de carbone : bilan 2020 des intoxications

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Pollution de votre intérieur et monoxyde de carbone

En 2020, 47 signalements d’intoxication au monoxyde de carbone ont été recensés en région Centre-Val de Loire, impliquant 160 personnes.

Les intoxications au monoxyde de carbone, quelle que soit leur origine (habitat, milieu professionnel, tentative de suicide…) sont recensées via un dispositif national de surveillance depuis 2005.

Les incendies qui font l’objet d’une surveillance particulière ne sont pas inclus dans le dispositif. Le centre antipoison d’Angers est le guichet unique de ce dispositif : il reçoit tous les signalements  et les transmet à l’ARS après enquête médicale. Les signalements proviennent des acteurs de terrain concernés par la prise en charge médicale des victimes ou par la mise en sécurité des lieux de l’accident (sapeurs-pompiers, Samu, SOS médecins, services hospitaliers, GRDF…).

Plus de 80 % des signalements reçus en 2020 proviennent des services de secours et d’incendie ainsi que des services de médecine d’urgence des hôpitaux. Quelques intoxications sont également transmises à l’ARS par des particuliers ou encore par la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Centre-Val de Loire. (DREETS).

Objectifs de la surveillance des intoxications :

  • le recensement exhaustif des accidents,
  • une prise en charge médicale rapide et adaptée,
  • un repérage des situations à risques,
  • la diminution des récidives d’intoxication.

 

 

Chaque année, la majorité des intoxications survient lors de la période de chauffe, c'est-à-dire durant les mois d’octobre à mars. A noter : trois intoxications qui se sont déroulées en plein mois de juillet. Il s’agit de deux intoxications professionnelles (utilisation de moteur thermique en espace confiné) et une intoxication dans une caravane (frigidaire à gaz).

En 2020, 6 intoxications ont eu lieu en milieu professionnel et 38 intoxications (80 %) ont lieu dans les habitations. Deux intoxications se sont déroulées hors milieu professionnel ou habitat (dans un car scolaire et dans un bar à chichas). Une tentative de suicide par intoxication au monoxyde de carbone a été déclarée à l’ARS mais n’est pas comptabilisée dans les données suivantes.

 

La répartition des épisodes (cas) par type d’intoxication et par département est présentée ci-après :

 

Si la chaudière reste en cause dans plus de 40% des cas d’intoxication au monoxyde de carbone dans l’habitat, en 2020 5 intoxications sont liées à l’utilisation de barbecue ou de braseros dans le logement.

Ces appareils ne doivent pas être utilisés pour se chauffer et doivent absolument être utilisés en extérieur.

Les agents des services santé-environnement des délégations départementales de l’ARS et des services communaux d’hygiène et de santé sont en charge des enquêtes environnementales après chaque intoxication.

Ces enquêtes ont permis d’identifier la chaudière comme étant l’appareil à combustion à l’origine de l’intoxication dans la majorité des cas en 2020. D’autres équipements tels que les poêles à bois, les cheminées avec ou sans inserts, les barbecues utilisés en intérieur, ou les chauffages d’appoint ont été incriminés dans une dizaine de cas.

Les intoxications qui surviennent au travail sont investiguées par la DREETS. Elle a pu mettre en évidence que 80% des intoxications professionnelles au monoxyde de carbone en 2020 sont liées à l’utilisation de moteurs thermiques en espace confiné. (Utilisation fréquente d’hélicoptères à béton thermiques lors de rénovation de sous-sol).

 

 

Depuis 2010, le nombre d’épisodes d’intoxication est relativement stable (de l’ordre d’une cinquantaine de cas par an), alors que le nombre d’intoxiqués varie davantage.

Cette variation est liée aux intoxications survenues principalement dans des établissements recevant du public impliquant un grand nombre de personnes.

En 2015, 156 personnes avaient été intoxiquées par les gaz de combustion d’un groupe électrogène dans une cave champignonnière.

En 2019, une intoxication au monoxyde de carbone liée à une chaudière a intoxiqué 19 habitants de différents logements dans un même immeuble sur la commune de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin (Loiret).

En 2020, un barbecue installé dans le sous-sol d’une habitation a intoxiqué 18 personnes lors de la soirée du réveillon à Cloyes-les-Trois Rivières (Eure-et-Loir).

 

Les intoxications au monoxyde de carbone concernent l’ensemble des territoires de la région.

Les départements de l’Indre-et-Loire et du Cher ont proportionnellement au nombre d’habitants moins de personnes intoxiquées au monoxyde de carbone que les autres départements en 2020.

Les départements du Loir-et-Cher et de l’Eure-et-Loir ont leur taux d’incidence supérieur de 20% à la moyenne régionale.

Définition et symptômes

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz toxique incolore et inodore. Sa densité est voisine de celle de l’air. La présence du monoxyde de carbone résulte d’une combustion incomplète, et, ce, quel que soit le combustible utilisé : bois, butane, charbon, essence, fuel, gaz naturel, pétrole, propane. Souvent, la combustion incomplète dans les habitations est liée à un dysfonctionnement d’un appareil à combustion, un défaut d’entretien ou d’évacuation des fumées ou encore à une mauvaise aération du local.

Toxicité

Le CO est un gaz très toxique qui, absorbé en quelques minutes par l’organisme, se fixe à la place de l’oxygène dans le sang.

Les signes d'une intoxication peu sévère au CO ne sont pas spécifiques, rendant celle-ci d’autant plus difficile à repérer. Maux de têtes, nausées, vomissements, sont les symptômes qui doivent alerter. Si ces symptômes sont observés chez plusieurs personnes dans une même pièce ou qu’ils disparaissent hors de cette pièce, cela peut être une intoxication au monoxyde de carbone.

Une intoxication grave peut conduire à la perte de conscience, voire au décès et, ce, en quelques minutes seulement. Le CO peut également entraîner des séquelles, parmi lesquelles des troubles nerveux, des atteintes cardiaques…Enfin, la toxicité est plus sévère chez les femmes enceintes (atteinte fœtale).

En cas d'accident...

Aérer immédiatement les locaux en ouvrant portes et fenêtres

Faire évacuer les locaux

Appeler les secours : 18 pour les pompiers ou 15 pour le SAMU

Les bons gestes de prévention

  • Faire systématiquement vérifier par un professionnel avant chaque saison hivernale les installations permettant le chauffage et la production d'eau chaude, ainsi que les conduits de fumée,
  • Aérer les pièces tous les jours,
  • Maintenir les systèmes de ventilation en bon état de fonctionnement,
  • Ne pas obstruer les entrées et sorties d'air,
  • Les instructions d'utilisation des appareils à combustion prescrites par le fabricant doivent être respectées (un chauffage d’appoint ne doit pas être utilisé de manière continue),
  • Les groupes électrogènes  doivent être placés à l'extérieur des bâtiments et à distance des prises d’air et des ouvrants,
  • Ne pas utiliser de cuisinières, braseros, ou de barbecues pour se chauffer.