Expérimentation départementale dans le Loiret : les patients peuvent désormais consulter des masseurs-kinésithérapeutes en communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) sans ordonnance

Communiqué de presse

Le ministère de la Santé et de la Prévention annonce la mise en œuvre d’une expérimentation inédite permettant aux masseurs-kinésithérapeutes de recevoir des patients en accès direct, sans prescription médicale préalable. Cette initiative, encadrée par l’arrêté du 6 juin 2025, vise à améliorer l’accès aux soins et à renforcer le rôle des professionnels de santé de proximité.

Portée par l’Assurance Maladie du Loiret, l’Union Régionale des Professionnels de Santé des masseurs-kinésithérapeutes et l’Agence régionale de la santé Centre-Val de Loire, l’expérimentation vise à simplifier l’accès des patients vers les masseurs-kinésithérapeutes et à fluidifier le parcours de soins, dans le département du Loiret où la densité médicale reste inférieure à la moyenne nationale.

Les masseurs-kinésithérapeutes voulant participer à l’expérimentation peuvent se déclarer 

D’une durée de cinq ans, cette expérimentation concerne les masseurs-kinésithérapeutes exerçant dans le Loiret (l’unique département qui réalise l’expérimentation en région Centre-Val de Loire) de juin 2025 à juin 2030.

Pour participer, les professionnels doivent être adhérents à une Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) et déclarer leur engagement auprès de l’ARS Centre-Val de Loire depuis son site internet via le service « Démarches simplifiées », en fournissant un justificatif d’adhésion. La liste des professionnels engagés dans l’expérimentation est disponible sur le site de l’ARS[1].

Modalités de prise en charge des patients

Deux cas de figure sont prévus :

  • Si le patient n’a pas encore eu de diagnostic médical 

Lorsqu’un patient n’a pas encore bénéficié d’un diagnostic médical, par exemple lors d’un premier épisode de lombalgie, d’une entorse ou d’une tendinite, le masseur-kinésithérapeute peut assurer jusqu’à 8 séances de kinésithérapie par épisode de soins sur une période maximale de 3 mois.

En l’absence d’amélioration, le patient est réorienté vers son médecin traitant ou un autre médecin impliqué dans le parcours de soins.

  • Si le patient a déjà un diagnostic médical 

Lorsque le patient a déjà reçu un diagnostic médical pour son problème à la suite d’une consultation avec son médecin, un examen d’imagerie, par exemple en cas de tendinite de l’épaule, ou s’il est atteint d’une Affection de longue durée (ALD), le nombre de séances n’est pas limité. Le kinésithérapeute intervient alors dans le respect des référentiels de la Haute Autorité de santé et des bonnes pratiques. 

Dans ce cadre, les soins de kinésithérapie sans prescription médicale sont pris en charge par l’Assurance Maladie et la complémentaire santé au même titre que ceux prescrits.

Suivi et évaluation

L’expérimentation fera l’objet d’une évaluation rigoureuse menée par l’Agence régionale de santé en lien avec l’Assurance Maladie, afin de mesurer les effets du dispositif sur la qualité, l’efficience et la coordination des soins.

Selon Morgan Colas, kinésithérapeute dans le Loiret et président de l’URPS Kinésithérapeutes de Centre-Val de Loire : Les kinésithérapeutes peuvent maintenant contribuer à améliorer l’accès aux soins dans le Loiret et aider à désengorger les cabinets médicaux et services d’urgence. En prenant en charge plus précocement certaines pathologies, ou encore en n’ayant plus nécessité de faire renouveler par le médecin une ordonnance afin de poursuivre les soins, c’est autant de temps de soins de préservé. Avec un bilan initial complet, le kinésithérapeute assure des soins de qualité et en sécurité au patient, et le suivi par le médecin traitant est permis par la transmission du compte-rendu de soins.