Centre-Val de Loire

Eaux de baignade

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Visuel eau baignade
Se baigner dans un plan d'eau ou une rivière ? Pour ne pas prendre de risques, choisir des baignades aménagées, contrôlées et de bonne qualité.
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Sur les 1 300 points de baignade en eau douce recensés au plan national en 2017, 46 étaient situés en région Centre-Val de Loire (soit environ 3 %).

Ces baignades en milieu naturel ouvertes au public, suivies dans le cadre du contrôle sanitaire par les Délégations départementales de l’Agence régionale de santé (ARS) Centre-Val de Loire, se répartissaient ainsi :

- Cher : 6,
- Eure-et-Loir : 1,
- Indre : 17,
- Indre-et-Loire : 10,
- Loir-et-Cher : 6,
- Loiret : 6.

En fin de saison 2017, un classement des zones de baignade a été établi sur la base des résultats d’analyses bactériologiques de l’eau : 35 baignades ont été classées en qualité excellente, 4 en bonne qualité, 1 en suffisante et 6 baignades récemment ouvertes ne bénéficient pas encore d’un classement.

En 2018, 44 baignades seront ouvertes au public et feront l’objet d’un contrôle sanitaire par les Délégations départementales de l’Agence régionale de santé (ARS) Centre-Val de Loire.

Le classement de la qualité des eaux pour 2018 sera établi à l’issue de la saison estivale 2018. Il prendra en compte les résultats d’analyses des 4 dernières années.

Les sites déclarés ouverts et les résultats des analyses effectuées sont consultables en ligne sur le site internet du ministère en charge de la santé (baignades.sante.gouv.fr).

Le contrôle des baignades

Qui ?

Dans le cadre des profils de baignade, la personne responsable de l’eau de baignade doit s’assurer en permanence de la bonne qualité de cette dernière par l’autosurveillance qu’elle met en œuvre. Par ailleurs, elle doit établir un programme de surveillance de l’eau de baignade et en informer le maire et l’ARS Centre-Val de Loire.  
Le suivi de la qualité des eaux de baignade est également assuré par les pôles santé publique et environnementale des Délégations départementales de l’ARS au travers du contrôle sanitaire. 
Les résultats de ce contrôle, assortis des conclusions sanitaires des DD ARS, sont transmis aux personnes responsables des eaux de baignades concernées qui sont tenues de les afficher sur les lieux de baignade.

Quoi ?

Depuis 2010, ce contrôle porte uniquement sur l'évaluation de la qualité bactériologique des eaux de baignade : en effet, de nombreuses maladies peuvent être transmises par l’ingestion ou par contact avec une eau contenant des germes pathogènes (salmonelles, staphylocoques, entérovirus...). En raison de leur grande variété et des techniques lourdes à mettre en œuvre pour les identifier, la recherche des germes pathogènes n'est pas envisageable en routine. Cependant, ces derniers sont accompagnés, dans les milieux naturels, d'autres germes témoins de contamination fécale, plus sensibles et dont la recherche est simple, rapide et peu coûteuse : seuls Escherichia coli et entérocoques intestinaux sont donc recherchés. 
Un examen visuel de l’eau (mousse, huiles minérales…) a également lieu et peut parfois être accompagné d’analyses d’identification. En complément, des paramètres de terrain peuvent être vérifiés (pH, saturation en oxygène, transparence…) au regard de leur pertinence vis-à-vis des risques d’eutrophisation.  
En cas de risques sanitaires particuliers (cyanobactéries…), des analyses spécifiques sont effectuées. Les cyanobactéries présentes dans les eaux de baignade sont, selon leurs types, susceptibles de produire certaines toxines. Ces toxines peuvent engendrer des troubles dermiques, gastriques, neurologiques plus ou moins importants sur les baigneurs. 

Où ?

Les points de contrôle se situent dans les zones aménagées et dans les lieux habituellement fréquentés et non interdits de façon permanente à la baignade. 

Quand ?

La fréquence de contrôle de la qualité des eaux de baignade est en général bimensuelle pendant la saison balnéaire, avec un premier prélèvement témoin avant le début de saison, celle-ci étant définie comme "la période durant laquelle une affluence importante des baigneurs peut être envisagée compte tenu des usages locaux, y compris des éventuelles dispositions locales concernant la pratique de la baignade ainsi que des conditions météorologiques". 
Le nombre de prélèvements ne peut être inférieur à 4 par saison balnéaire. 

Noyade

En baignade, le danger numéro un demeure celui de la noyade. Chaque année, malgré les efforts d'information et la mise en place de moyens de sauvetage (SAMU, SMUR, CRS...), on dénombre chaque été en France 20 000 accidents dont 500 mortels (parmi eux 100 enfants).
On compte également 500 hydrocutions. L'hydrocution est une syncope (arrêt de la respiration) qui entraîne une perte de connaissance. Bien souvent, cette syncope est provoquée par une trop grande différence de température entre la peau et l'eau ou par la suppression brutale de la pesanteur du corps lorsqu'il est plongé dans l'eau.

 

Contaminations microbiologiques liées à la qualité des eaux

Certaines personnes malades émettent des germes dits pathogènes que l'on pourra retrouver dans les eaux usées rejetées dans le milieu. Les baigneurs eux-mêmes, par ailleurs, apportent des germes dans l'eau. Dans l'eau, les germes pathogènes sont assez difficiles à détecter ; on recherche donc les germes banals, dits germes témoins de contamination fécale.
Le contact avec des germes pathogènes en quantité importante peut entraîner des maladies de la sphère oto-rhino laryngée ou de l'appareil digestif.
Une eau de baignade, dans laquelle ces normes sont respectées, présente peu de risques de contaminations bactériologiques pour la santé du baigneur. A contrario, il est difficile d'identifier précisément le risque encouru par une personne qui se baigne dans une eau dite de mauvaise qualité. Ce risque dépend de l'état de santé du baigneur lui-même.

 

Dermatite

La dermatite des baigneurs, liée à la présence de cercaires (larves de parasites normalement hébergées chez les canards) dans des eaux se manifeste par des démangeaisons. Peu après la baignade, apparaissent de petites plaques rouges et des vésicules. L'intensité des démangeaisons s'accentue la nuit suivant la baignade parfois avec de la fièvre, une inflammation des ganglions et un affaiblissement général. 

 

Leptospirose

De nombreuses variétés de leptospires (bactéries responsables de l'apparition de la maladie), sont présentes dans l'environnement. Beaucoup de mammifères sauvages ou domestiques (rat, bétail, chiens) peuvent être infectés et constituent les principaux réservoirs. La leptospirose se transmet essentiellement selon deux modes, par voie digestive (absorption d'aliments souillés par l'urine d'animaux malades) et par contact cutané avec le milieu extérieur (en particulier l'eau).
Cette maladie infectieuse était, à l'origine, surtout connue comme maladie professionnelle (égoutiers, agriculteurs, vétérinaires...). Elle devient de plus en plus une maladie liée aux loisirs aquatiques. Dans l'eau douce, un grand nombre de leptospires peuvent être présentes mais toutes ne sont pas pathogènes.

 

Algues toxiques

Depuis quelques années, on observe des proliférations d'algues planctoniques ayant lieu tout spécialement en été car les conditions d'ensoleillement et de température sont favorables à leur développement. Ces algues (cyanobactéries) sont responsables du phénomène "d'eaux colorées" vertes, bleues, rouges ou brunes, encore appelées "fleurs d'eau". Parmi ces algues, certaines peuvent poser des problèmes de santé publique puisqu’elles peuvent émettre toxines.
Chez l'homme, le risque de contamination par consommation d'eau reste faible. Cependant, des phénomènes allergiques ont été observés à la suite de baignade en eau douce.
En matière de prévention, le ministère chargé de la Santé recommande de ne pas se baigner dans une eau présentant une fleur d'eau. Les services locaux sont chargés d'assurer l'information des baigneurs.

 

Soleil, chaleur et alimentation

Chaque année, de nombreuses interventions ont lieu à la suite d'insolations. Par ailleurs, l'exposition excessive au soleil accélère le vieillissement de la peau et joue un rôle essentiel dans l'apparition des cancers cutanés (mélanomes) dont la fréquence est en progression constante chez des patients de plus en plus jeunes.
La déshydratation touche plus particulièrement les nourrissons et les enfants dont les besoins en eau sont supérieurs aux adultes. Les vacances sont souvent une période pendant laquelle les habitudes alimentaires sont quelque peu modifiées ; il est recommandé d'avoir une alimentation adaptée et de veiller aux bonnes conditions de conservation des aliments, d'éviter la baignade dans les deux heures qui suivent la prise d'un repas (risque d'hydrocution).
Propreté du sable
La question de la propreté du sable des plages est naturellement posée en marge de celle relative à la salubrité des eaux de baignades. Il n'est pas exclu, en effet, qu'un sable souillé soit à l'origine d'affections dermatologiques. Il est donc nécessaire d'assurer une propreté rigoureuse du sable en effectuant un enlèvement régulier des déchets déposés sur les plages et en interdisant leur accès aux animaux domestiques. Une sensibilisation du public sur la nécessité de gérer correctement ses déchets est nécessaire.
L'usager doit éviter de s'allonger à même le sable. Il lui est conseillé d'utiliser des serviettes ou autres dispositifs (matelas) maintenus en bon état de propreté, surtout si ces derniers sont d'usage collectif.