Eaux de baignade

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Visuel eau baignade

Où se baigner dans un plan d'eau ou une rivière ? Pour ne pas prendre de risque, choisir des baignades aménagées, contrôlées et de bonne qualité.

Sur les près de 1 300 points de baignade en eau douce recensés au plan national en 2024, 40 étaient situés en région Centre-Val de Loire (soit environ 3 %).

En fin de saison 2024, un classement des zones de baignade a été établi, indiquant que 91% des sites ont été jugés d’excellente ou de bonne qualité (cf bilan 2024 "Allez plus loin / documents à télécharger")

En 2025, 43 sites de baignades naturelles seront ouverts au public (cf. tableau ci-dessous).

Vous pouvez retrouver tous les résultats des analyses microbiologiques réalisées durant la saison balnéaire sur le site internet du ministère chargé de la Santé : baignades.sante.gouv.fr.

Cadre réglementaire

Les eaux de baignade sont soumises aux dispositions de la Directive européenne 2006/7/CE du 15 février 2006 relative à la gestion de la qualité des eaux de baignade et abrogeant la directive 76/160/CEE. Cette directive vise à protéger la santé des baigneurs : elle demande une amélioration constante de la qualité des eaux de baignade et la mise en œuvre de mesures de gestion ainsi que de réduction et suppression des sources de pollution pour éviter que des baigneurs soient exposés à des éventuelles pollutions. 

En France, la responsabilité de la gestion des eaux de baignade a été confiée aux communes ou aux communautés de communes, à l’exception des eaux de baignade aménagées et déclarées par des personnes privées (campings privés par exemple). 

 

Organisation générale du contrôle

L’organisation de la surveillance sanitaire des eaux de baignade repose sur l’implication de plusieurs acteurs :

  • la personne responsable des eaux de baignades, la PREB, (la commune ou la personne privée ou publique déclarant une baignade aménagée) doit s’assurer en permanence, par l’autosurveillance qu’elle met en œuvre, de sa bonne qualité. Elle est tenue de se soumettre au contrôle sanitaire mis en place par l'ARS dont elle prend en charge le coût. Elle gère la qualité des eaux de baignade via des mesures préventives ou curatives pour protéger la santé des baigneurs ; elle assure l’information du public sur la qualité de l’eau et les mesures mises en œuvre. Enfin, elle doit établir un programme de surveillance de l’eau de baignade et en informer le maire et l’ARS Centre-Val de Loire.  
  • l'Agence régionale de santé Centre-Val de Loire assure en complément le contrôle sanitaire des eaux de baignade recensées par les collectivités (CSP L. 1332-2). Des laboratoires agréés sont mandatés par l'ARS pour la réalisation des prélèvements et des analyses selon un programme prédéfini. Les résultats de ce contrôle, assortis des conclusions sanitaires de l'ARS, sont transmis aux personnes responsables des eaux de baignades concernées qui sont tenues de les afficher sur les lieux de baignade. 

L’objectif du contrôle est de prévenir tout risque pour les baigneurs concernent notamment des infections digestives, ORL ou oculaires liées à la présence de micro-organismes pathogènes d'origine fécale ou environnementale, ainsi qu'à certaines cyanobactéries productrices de toxines.

Que contrôle-t-on ? 

Le contrôle porte sur l'évaluation de la qualité bactériologique des eaux de baignade. De nombreuses maladies peuvent être transmises par l’ingestion ou par contact avec une eau contenant des germes pathogènes (salmonelles, staphylocoques, entérovirus...). 

Les germes témoins de contamination fécale Escherichia coli et entérocoques intestinaux sont recherchés en analyse de routine conformément au Code la Santé publique.

Un examen visuel de l’eau (mousse, huiles minérales,…) est également réalisé et peut parfois être accompagné d’analyses d’identification.

En complément, des paramètres de terrain peuvent être vérifiés : pH, saturation en oxygène, transparence, …

En cas de risques sanitaires particuliers (cyanobactéries…), des analyses spécifiques sont effectuées. Les cyanobactéries présentes dans les eaux de baignade sont susceptibles de produire certaines toxines qui peuvent engendrer des troubles dermiques, gastriques, neurologiques plus ou moins importants sur les baigneurs. 

Où contrôle-t-on ?

Les points de contrôle se situent dans les zones aménagées et dans les lieux habituellement fréquentés et non interdits de façon permanente à la baignade

Carte des baignades ouvertes en 2025

Périodes d'ouverture des baignades en 2025 

Quand contrôle-t-on ?

La période d’ouverture des sites est généralement fixée du 1er juillet au 31 août. La fréquence de contrôle de la qualité des eaux de baignade est en général bimensuelle pendant la saison de baignade, avec un premier prélèvement témoin avant le début de saison. Le nombre de prélèvements ne peut être inférieur à 4 par saison balnéaire. 


Appréciation de la qualité des eaux de baignade

Au cours de la saison de baignade, les résultats d’analyse des prélèvements sont comparés à des valeurs seuils permettant d’apprécier la qualité microbiologique de l’eau de baignade. En cas d’épisode de contamination, l’ARS et les collectivités évaluent le risque sanitaire pour la population et déterminent les mesures de gestion adéquates. En cas de dégradation de la qualité de l’eau, elle peut être amenée à demander la fermeture temporaire des sites de baignade, pour éviter tout risque sanitaire. 

Chaque résultat d'analyse est interprété au regard des exigences de qualité figurant dans le tableau ci-dessous. 

 

Escherichia coli 

(n/100mL)

Entérocoques intestinaux

(n/100mL)

BON

≤100

≤100

MOYEN

> 100 et ≤ 1800

> 100 et ≤ 660

MAUVAIS

> 1800

> 660

Les résultats qualifiés de mauvais entrainent notamment une interdiction temporaire de baignade dans l’attente d’un résultat de recontrôle attestant du retour à la normale.

À l’issue de chaque saison estivale, une évaluation globale de la qualité des eaux est réalisée à partir de l’ensemble des résultats bactériologiques obtenus lors de la saison écoulée et des trois saisons précédentes. L’eau de baignade est classée en qualité excellente, bonne, suffisante ou insuffisante selon les critères fixés par la directive européenne. Le classement exige un nombre minimal de prélèvements, ainsi, les sites de baignade récemment ouverts au public ne disposent pas encore de données suffisantes pour être intégrés au classement. 

Les eaux de baignade doivent atteindre au moins la qualité suffisante pour satisfaire à l’objectif de qualité européen.    


Les profils de baignade

Conformément aux dispositions de la directive 2006/7/CE, une étude diagnostic - le profil de baignade - doit être réalisée sur chaque site contrôlé afin d’identifier l’origine des contaminations, les situations à risque et leurs modalités de gestion et, enfin et surtout, les actions et travaux à engager pour améliorer la qualité de l’eau de baignade. Ces études sont révisées périodiquement en fonction de la qualité de l’eau et de son évolution.

Noyade

La noyade est la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans en France mais concerne aussi les autres catégories d’âge.

Entre le 1er juin et le 2 juillet 2025, 429 noyades ont eu lieu en France dont 109 suivies de décès (soit une proportion de noyades suivies de décès de 25 %). En 2025, une forte augmentation par rapport à 2024 a été constatée concernant le nombre total de noyades (429 vs 220) et de noyades suivies de décès (109 vs 69). Ces augmentations sont survenues dans un contexte de températures élevées sur la seconde quinzaine de juin 2025, ayant entraîné un afflux des populations vers les sites de baignade pour se rafraîchir.

Santé publique France publie le bilan de la surveillance des noyades régulièrement durant la saison estivale, et rappelle les gestes à adopter pour se baigner en toute sécurité.

Pour en savoir plus, consulter le site Noyade de Santé publique France


Risques infectieux  

Certaines personnes malades émettent des germes dits pathogènes que l'on pourra retrouver dans les eaux usées rejetées dans le milieu. Les baigneurs eux-mêmes, par ailleurs, apportent des germes dans l'eau. Dans l'eau, les germes pathogènes sont assez difficiles à détecter ; on recherche donc les germes banals, dits germes témoins de contamination fécale.

Le contact avec des germes pathogènes en quantité importante peut entraîner des maladies de la sphère oto-rhino laryngée ou de l'appareil digestif.

Une eau de baignade, dans laquelle ces normes sont respectées, présente peu de risques de contaminations bactériologiques pour la santé du baigneur. A contrario, il est difficile d'identifier précisément le risque encouru par une personne qui se baigne dans une eau dite de mauvaise qualité. Ce risque dépend de l'état de santé du baigneur lui-même.


Dermatite

La dermatite des baigneurs, liée à la présence de cercaires (larves de parasites normalement hébergées chez les canards) dans des eaux se manifeste par des démangeaisons. Peu après la baignade, apparaissent de petites plaques rouges et des vésicules. L'intensité des démangeaisons s'accentue la nuit suivant la baignade parfois avec de la fièvre, une inflammation des ganglions et un affaiblissement général. 


Leptospirose

De nombreuses variétés de leptospires (bactéries responsables de l'apparition de la maladie), sont présentes dans l'environnement. Beaucoup de mammifères sauvages ou domestiques (rat, bétail, chiens) peuvent être infectés et constituent les principaux réservoirs. La leptospirose se transmet essentiellement selon deux modes, par voie digestive (absorption d'aliments souillés par l'urine d'animaux malades) et par contact cutané avec le milieu extérieur (en particulier l'eau).

Cette maladie infectieuse était, à l'origine, surtout connue comme maladie professionnelle (égoutiers, agriculteurs, vétérinaires...). Elle devient de plus en plus une maladie liée aux loisirs aquatiques. Dans l'eau douce, un grand nombre de leptospires peuvent être présentes mais toutes ne sont pas pathogènes.


Cyanobactéries

La présence de cyanobactéries et de leurs toxines dans les eaux de baignades peut affecter la santé des usagers.
Ces micro-organismes peuvent donner à l’eau une couleur intense "vert-bleu" et peuvent produire et libérer des toxines à l’origine de risques sanitaires pour les baigneurs (irritations et rougeurs de la peau, des yeux et des muqueuses, et en cas d’ingestion : maux de ventre diarrhées, nausées, vomissements).

Sur les sites de baignade à risque, une surveillance analytique est mise en place par l’ARS. Des recommandations sanitaires sont diffusées par l’ARS auprès des gestionnaires de sites, pour un relai envers les usagers (prise de douche après la baignade, baignade dans une zone délimitée). Les mesures sanitaires peuvent aller jusqu’à la fermeture temporaire du site.

Au-delà de cette coloration, les cyanobactéries peuvent parfois coloniser le fond des rivières l'été, voire en début d'automne. Elles forment des plaques (biofilms) de couleur vert / brun foncée à la surface des cailloux, qui peuvent se détacher et s'accumuler sur les bords (flocs, amas ressemblant à des algues). Elles peuvent être à l'origine d'intoxications, notamment chez les chiens.

Pour éviter ces risques, il est important de connaitre les précautions de bon sens à mettre en œuvre, simples et dont chacun a la responsabilité, tels que : prendre une douche après la baignade, ne pas boire ou porter à la bouche des objets ayant baigné dans l'eau... Pour plus d'informations, vous pouvez télécharger les conseils de prévention suivants : les affiches de prévention régionale cyanobactéries benthiques (en cours d’eau) ou cyanobactéries planctoniques (en plan d’eau).


Soleil, chaleur et alimentation

Chaque année, de nombreuses interventions ont lieu à la suite d'insolations. Par ailleurs, l'exposition excessive au soleil accélère le vieillissement de la peau et joue un rôle essentiel dans l'apparition des cancers cutanés (mélanomes) dont la fréquence est en progression constante chez des patients de plus en plus jeunes.

La déshydratation touche plus particulièrement les nourrissons et les enfants dont les besoins en eau sont supérieurs aux adultes. Les vacances sont souvent une période pendant laquelle les habitudes alimentaires sont quelque peu modifiées ; il est recommandé d'avoir une alimentation adaptée et de veiller aux bonnes conditions de conservation des aliments, d'éviter la baignade dans les deux heures qui suivent la prise d'un repas (risque d'hydrocution).


Propreté du sable

La question de la propreté du sable des plages est naturellement posée en marge de celle relative à la salubrité des eaux de baignades. Il n'est pas exclu, en effet, qu'un sable souillé soit à l'origine d'affections dermatologiques. Il est donc nécessaire d'assurer une propreté rigoureuse du sable en effectuant un enlèvement régulier des déchets déposés sur les plages et en interdisant leur accès aux animaux domestiques. Une sensibilisation du public sur la nécessité de gérer correctement ses déchets est nécessaire.
L'usager doit éviter de s'allonger à même le sable. Il lui est conseillé d'utiliser des serviettes ou autres dispositifs (matelas) maintenus en bon état de propreté, surtout si ces derniers sont d'usage collectif.