La prévention du suicide, un enjeu majeur de santé publique

Article

La prévention du suicide est une priorité pour le ministère des solidarités et de la santé qui l’a inscrite :

• Dans l’action 6 de la feuille de route santé mentale et psychiatrie lancée en juin 2018,
• Dans l’instruction du 10 septembre 2019 relative à la stratégie multimodale de prévention du suicide,
• Et réaffirmée dans la mesure 31 du Ségur de la santé de juillet 2020.

Le suicide représente en France :

  • Près de 9 300 décès,
  • 200 000 tentatives de suicide par an,
  • Soit plus de 24 décès par jour.

Le taux de suicide est en France l’un des plus élevés d’Europe avec 14/100 000 habitants, pour une moyenne européenne de 10,3/100 000 habitants.

Il concerne :

  • en premier lieu les hommes, avec un taux de suicide de 22/100 000 habitants,
  • et dans une moindre mesure les femmes avec un taux de suicide de 5,9/100 000 habitants.

Chaque année le suicide est responsable de la mort de près de 400 adolescents en France, ce qui en fait la 2e cause de mortalité pour cette tranche d’âge.

En région Centre-Val de Loire :

En 2015, 433 personnes se sont suicidées et 326 étaient des hommes.

Avec un taux standardisé de 18,3 pour 100 000 habitants pour les suicides, le Centre-Val de Loire se situe au 7ème rang des régions les plus touchées.

Avec un taux standardisé 168,9 pour 100 000 habitants pour les hospitalisations pour tentative de suicide en 2017, le Centre-Val de Loire se situe au-dessus du taux national (148/100 000 habitants) et au 5e rang des régions métropolitaines.

La majorité des suicides concerne les adultes de 25 à 59 ans.

Une situation contrastée selon le sexe :

  • une majorité d’hommes pour les suicides (76 %)
  • une majorité de femmes pour les hospitalisations pour tentatives de suicides (64 %)

Les modes opératoires pour les suicides sont :

  • la pendaison (61%) et les armes à feu (20 %) pour les hommes,
  • la pendaison (49 %) et les auto-intoxications médicamenteuses (23 %) pour les femmes.

Données issues du Bulletin de santé publique Centre-Val de Loire – Février 2019

Santé Publique France & Vies 37

La mise en place d’une ligne dédiée à la prévention du suicide constitue une réponse essentielle à l’une des problématiques de cette prévention : l’accès et le maintien du lien avec le système de soins des personnes en souffrance.

Cette ligne, assurée par des professionnels de soins (infimier·e·s, psychologues, sous la supervision d’un médecin spécialiste) formés aux missions d’écoute et d’orientation a pour objectifs de :

  • Permettre une prise en charge sanitaire immédiate 24H/24 et 7J/7 : il s’agit d’évaluer les personnes ayant des idées suicidaires et de les prendre en charge de façon adaptée (depuis les premières idées de mort jusqu’à la crise suicidaire).
  • Permettre de promouvoir l’accès aux soins et de repérer les troubles de santé mentale que l’on retrouve chez plus de 80 % des personnes suicidées.
  • Permettre d’atteindre les populations les plus vulnérables (notamment les adolescents) qui sont précisément celles qui sont le moins à même de chercher de l’aide lorsque cela est nécessaire.

 

Le numéro national, est la porte d’entrée vers l’ensemble des dispositifs d’aide psychologique, et la garantie d’une communication directe et efficace à destination des personnes suicidaires.

Ce dispositif s’adresse en premier lieu aux personnes suicidaires, puis à leur entourage, et aux professionnels soignants et non soignants en contact avec elles.

 

 

  • Permettre aux personnes suicidaires d’accéder 24h/24 et 7j/7 et gratuitement par téléphone ou par messagerie instantanée à un service professionnel d’écoute, d’information, d’évaluation, d’intervention et d’orientation ;
  • Prendre en charge les appels que les régulateurs du centre 15 ou d’autres dispositifs d’aide à distance identifiés comme relevant de la prévention, de la prise en charge ou de l’orientation des personnes suicidaires ;
  • Apporter des conseils à l’entourage des personnes suicidaires et aux professionnels non soignant en contact avec des personnes suicidaires ;
  • Apporter des conseils et des avis spécialisés aux professionnels soignants.

Avec l’ouverture du 3114, la France complète ainsi sa stratégie nationale de prévention du suicide impulsée par la feuille de route « Santé mentale et psychiatrie 2018 »[1] et conformément à la préconisation de mise en place d’une stratégie globale de prévention du suicide de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

  • Des formations : formations à la prévention du suicide de professionnels de santé (évaluation du potentiel suicidaire et intervention de crise suicidaire) et le déploiement de réseaux Sentinelles ; formation des médecins généralistes à la prise en charge de la dépression, incluant le repérage du risque suicidaire.
  • La prévention de la contagion suicidaire (dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les lieux publics ou les institutions (https://papageno-suicide.com)
  • VigilanS : dispositif de veille et recontact des personnes ayant fait une tentative de suicide dans les suites de leur sortie des urgences ou d’une hospitalisation. Créé en 2015 et déployé à ce jour dans 12 régions métropolitaines sur 13 et dans deux régions d’Outre-mer et dans l’ensemble des régions avant la fin de cette année, ce sont près de 15 000 patients qui y ont recours en 2020 et déjà près de 10 000 en juin 2021. (http://dispositifvigilans.org)

  • le 1er octobre 2021 sur le territoire Français
  • N° d’appel : 3114
  • Site internet : www.3114.fr
  • Que vous composiez ce numéro depuis la Métropole ou l’Outre-Mer, votre appel sera pris en charge (et automatiquement dirigé vers le centre répondant 3114 disponible le plus proche de vous).

Et en région Centre-Val de Loire ?

Le Centre de Brest prend en charge les appels de la région en attendant l’ouverture du Centre répondant de jour prévue pour l’année 2022.

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