Roue présentant 4 sections : "Planifier", "Faire", "Vérifier" et "Agir" positionnée sur une courbe d'"amélioration continue" et appuyée sur un socle "Retour d'expérience et standards"
Pour garantir la sécurité sanitaire de l’eau distribuée, la personne responsable de la production et de la distribution de l’eau (PRPDE) doit s’assurer de la mise en œuvre de mesures adaptées de prévention, de surveillance, et de gestion, depuis la ressource en eau captée jusqu’au robinet du consommateur.
De plus, en cas de crise, la personne responsable de la production et de la distribution de l’eau (PRPDE) doit se donner les moyens d’assurer un retour à la normale dans les meilleurs délais.
La démarche de plan de gestion de la sécurité sanitaire des eaux (PGSSE) proposée par l’OMS, et rendue obligatoire à l’échéance de juillet 2027 pour les zones de captages et de janvier 2029 pour l’ensemble des installations de production-distribution de l’eau, répond à ces objectifs.
Dès 2004, les directives pour la qualité de l’eau de boisson de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont défini le cadre conceptuel des Plans de Gestion de la Sécurité Sanitaire des Eaux – PGSSE - (ou Water Safety Plans).
Il s’agit d’une approche globale visant à garantir en permanence la sécurité sanitaire de l’alimentation en eau destinée à la consommation humaine. Elle consiste à appliquer une stratégie générale de prévention et d’anticipation passant par une évaluation et une gestion préventive des risques, couvrant toutes les étapes de l’approvisionnement en eau, de la ressource en eau captée jusqu’au robinet du consommateur. Tous les ouvrages (captages, stations de traitement, réservoirs, réseaux de distribution…) doivent être pris en compte.
La mise en place de plans de gestion est réalisée par les personnes responsables de la production et de la distribution de l’eau (PRPDE), soit les maîtres d’ouvrages et les exploitants.
Il s’agit pour les services d’eau potable de passer d’une culture de la réaction à une culture d’anticipation : la démarche PGSSE s’appuie en effet sur des méthodes d’analyse des dangers et d’évaluation des risques, permettant l’élaboration d’un plan d’action priorisé et échelonné dans le temps.
Roue présentant 4 sections : "Planifier", "Faire", "Vérifier" et "Agir" positionnée sur une courbe d'"amélioration continue" et appuyée sur un socle "Retour d'expérience et standards"
La méthode comporte quatre étapes successives et vise à établir un cercle vertueux. Sa mise en place, dans le cas du PGSSE, doit permettre d'améliorer sans cesse la sécurisation de l’alimentation en eau potable.
Planifier : préparer, planifier (ce que l'on va réaliser)
Faire : développer, réaliser, mettre en œuvre (le plus souvent, on commence par une phase de test)
Vérifier : contrôler
Agir : ajuster, réagir (si on a testé à l'étape do, on déploie lors de la phase act).
Cette démarche complète les obligations déjà fixées par le code de la santé publique aux PRPDE en matière de surveillance de la qualité de l’eau (notamment à l’article R.1321-23), de protection et d’entretien des installations de production et de distribution d’eau.
Suite à la publication de la Directive européenne 2020/2184 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine, l’arrêté du 3 janvier 2023 relatif au plan de gestion de la sécurité sanitaire de l'eau demande :
La mise en place d’un PGSSE permet de :
La croissance démographique et le changement climatique représentent une pression supplémentaire sur la disponibilité en eau. Le PGSSE peut représenter un levier d’adaptation au changement climatique en anticipant les conséquences résultant de la sécheresse et affectant directement ou indirectement, sur un plan quantitatif et qualitatif, la ressource en eau exploitée. Il peut également permettre d’anticiper des situations de crises sur un système d’exploitation (pollutions, inondations, panne électrique, risque technologique, plans de secours, ORSEC-Eau...).
En région, le développement des PGSSE doit être favorisé pour permettre notamment :
Le 4e Plan régional santé-environnement (PRSE4) dispose d’une action 11.1, pilotée par l’ARS, visant à "Promouvoir et accompagner la mise en place de plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux (PGSSE) destinées à la consommation humaine".
Au regard du contexte régional, et notamment de l’existence de non conformités chroniques dans l’eau distribuée et de tensions croissantes sur le volet quantitatif, l’ARS Centre-Val de Loire :
Plusieurs collectivités en Centre-Val de Loire (Orléans métropole, Tours métropole, Blois) ont déjà finalisé leur PGSSE, notamment : dans le Cher (le SIAEP Marche-Boischaut, la Communauté de communes des terres du Haut Berry...) ; en Eure-et-Loir (Chartres métropole, la Communauté de communes Cœur de Beauce...) ; en Indre-et-Loire (Tours Métropole, SIAEPA d'Azay-sur-Cher - Véretz-Larçey...), en Loir-et-Cher (SIAEP de Vendôme, la ville de Blois) ; dans le Loiret (Orléans Métropole, Agglo Montargoise - territoire de Suez...).
Les responsables de la production et distribution d’eau doivent suivre 4 grandes étapes :
Les PGSSE doivent être conformes à l’arrêté du 3 janvier 2023, et à ses annexes techniques détaillant le contenu minimum des études d’évaluation des risques.
Sauf à disposer de ressources internes compétentes dans ce domaine (méthodes AMDEC*, HACCP**…), il est préconisé de faire appel à un bureau d’étude ou à une société spécialisée pour réaliser l’analyse des dangers et définir les mesures de maîtrise des risques nécessaires.
* : méthode d’analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leur criticité
** : méthode d’analyse des dangers et points critiques pour leur maîtrise
Attention : même si la PRPDE confie la réalisation de l’étude de danger à un bureau d’études, un PGSSE nécessite une implication forte de la PRDPE en particulier dans le suivi de la mise en œuvre du plan d’action.
Aides financières (partie étude) :
Les services de l’ARS sont disponibles pour répondre à vos questions.