Centre-Val de Loire

Le Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022

Article
Les conduites addictives demeurent un problème majeur de société et de santé publique, en raison des dommages sanitaires et sociaux qu’elles induisent, de leurs conséquences en termes d’insécurité, du fait du trafic de la délinquance, et de leur coût pour les finances publiques. Le Bulletin de Santé Publique Alcool paru le 14 novembre 2019 en est une illustration concrète.
Corps de texte

Le tabac tue 73 000 personnes chaque année en France, l’alcool environ 50 000 et les drogues illicites 1 600. Le coût social total de ces consommations a été estimé, en 2010, à environ 120 milliards d’euros tant pour l’alcool que pour le tabac et à près de 10 milliards pour les drogues illicites ; 20 milliards d’euros supportés par l’Etat et l’assurance maladie (1,1 % du PIB). L’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) évalue à 3,2 milliards d’euros le chiffre d’affaires du trafic de stupéfiants en France.

Le Plan National de Mobilisation contre les Addictions 2018-2022 s’inscrit en complémentarité du Programme National de Lutte contre le Tabac 2018-2022 en ciblant également les autres addictions, et en particulier celles liées à l’alcool et aux drogues illicites.

L’ambition première de ce plan est de doter nos enfants des compétences leur permettant de réduire leurs comportements à risque et de les faire grandir dans un environnement plus protecteur, les exposant moins à d’incessantes incitations.

Six grands défis seront à relever :

  1. Protéger dès le plus jeune âge
  2. Mieux répondre aux conséquences des addictions pour les citoyens et la société
  3. Améliorer l’efficacité de la lutte contre le trafic
  4. Renforcer les connaissances et favoriser leur diffusion
  5. Renforcer la coopération internationale
  6. Créer les conditions de l’efficacité de l’action publique sur l’ensemble du territoire

En 2019 le fonds de lutte contre les addictions liées aux substances psychoactives est constitué du fonds de lutte contre le tabac et d’une partie des amendes forfaitaires cannabis. Le fonds contribue au financement d’actions nationales ou locales en cohérence avec les priorités gouvernementales en matière de prévention des addictions, issues notamment du programme national de lutte contre le tabac et du plan national de mobilisation contre les addictions.

Ces actions ont vocation à répondre à 4 axes stratégiques :

  • Protéger les jeunes et éviter l’entrée dans le tabagisme ainsi qu’éviter ou retarder l’entrée dans la consommation d’autres substances psychoactives
  • Aider les fumeurs à s’arrêter et réduire les risques et les dommages liés aux consommations de substances psychoactives
  • Amplifier certaines actions auprès des publics prioritaires dans une volonté de réduire les inégalités sociales de santé
  • Soutenir la recherche appliquée et l’évaluation des actions de prévention et de prise en charge

Pour 2019, c’est un budget de 120 millions qui vient renforcer la mobilisation contre les addictions ; en permettant de mener à bien 3 appels à projets nationaux et des appels à projet régionaux.

Il a vocation à financer des actions de prévention portant sur l’ensemble des substances psychoactives :

  • Le tabac dans une logique de poursuite et d’amplification de la dynamique lancée en 2018, l’objectif étant de maintenir un haut niveau d’engagement sur cette priorité de santé publique
  • L’alcool
  • Les autres substances psychoactives, avec une priorité accordée en 2019 au cannabis, notamment pour ses interactions fortes avec le tabac
  • Ainsi qu’un dispositif d’appui de l’ARS dans la mise en œuvre du plan national de mobilisation contre les addictions

Au regard des dernières données fournies par Santé publique France qui montrent que la diminution du tabagisme n’est pas statistiquement significative dans notre région, les actions de lutte contre le tabac déjà engagées doivent être confortées. Ainsi, l’enveloppe 2019 de 1,5 M€ doit permettre de poursuivre le financement des projets initiés dans le cadre de l’AAP 2018 jusqu’à leur terme en 2020 ou 2021. Une adaptation de certains projets à l’élargissement aux substances psychoactives est toutefois envisageable. Les missions du dispositif d’appui de l’ARS, porté par la société MAZARS, seront élargies aux thématiques du tabac, de l’alcool et du cannabis.